De Malik à Rémi : 30 ans de trahisons de la gauche

Alors que la mort de Malik Oussekine dans une manifestation en 1986 avait provoqué une “union sacrée” des différentes organisations de gauche, et fait descendre des centaines de milliers de personnes dans la rue, le sang versé au Testet en octobre 2014 suscite au mieux une indifférence gênée, au pire une réprobation publique. Des leaders écologistes vont jusqu’à appeler publiquement à ne pas se rendre aux manifestations.

«Je tiens à dire qu’à Nantes Europe-Écologie Les Vert n’appelait pas à cette manifestation. Nous avions dénoncé par avance le fait que celles et ceux qui voulaient faire cette manifestation venaient avec des intentions extrêmement dangereuses» dira François de Rugy, alors chef du groupe écologiste à l’assemblée nationale, le 1er novembre 2014. Le dimanche 25 octobre, alors que le drame de Sivens est dans toutes les têtes, Jean-Luc Mélenchon publie sur sa page Facebook une diatribe qui s’attaque aux «ivrognes», aux «clochards» et aux «anarchistes». Il condamne les «violences très choquantes et contre-productives» et qualifie la mort de Rémi de «très défavorable pour le mouvement». À aucun moment son parti n’appellera clairement à se mobiliser contre les violences d’État.

La gauche institutionnelle n’essaie même plus de faire illusion face à l’inacceptable.

Elle n’a pas réagi en 2005 quand des enfants perdaient la vie à Clichy-sous-bois, poursuivis par la police. Elle n’a pas non plus réagi quand la police détruisait des dizaines de regards avec ses Lanceurs de Balles de Défense. Pourquoi sortirait-elle de sa léthargie pour un jeune botaniste tué par la gendarmerie ?

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