France sous État d’Urgence


En ces derniers jours de l’année 2015, quelques nouvelles de France sous État d’Urgence. À lire et à partager.


De Georges Hollande à François Bush

C’est officiel, le PS français fait pire que le gouvernement Bush. «Comme la loi sur le renseignement votée après les attaques de janvier, cette révision de la Constitution rappelle le chemin pris par les États-Unis après le 11 septembre 2001. Celui de la suspicion généralisée, de l’espionnage massif et du renforcement des pouvoirs de police au détriment de ceux de la justice», relève BastaMag. Alors que même les américains commencent à remettre en question le Patriot Act, totalement inutile d’un point de vue sécuritaire et dangereux sur le plan politique, la gauche française compte dépasser les maîtres incontestés du flicage planétaire.

http://www.bastamag.net/Tournant-securitaire-la-France-deja-bien-engagee-sur-la-route-du-modele-US

Violences et assignation à résidence : les nouvelles méthodes des services de renseignement

En 2014, après la mort de Rémi Fraisse, B., militant parisien prend des images lors d’une manifestation. À la fin du défilé, il est tabassé par plusieurs individus. «Ce sont au moins cinq policiers qui m’ont frappé de coups de pieds, avant que l’un d’eux me relève, me traîne au sol deux ou trois mètres derrière la rangée de [policiers anti-émeute] et me frappe la tête contre le sol en me tenant par les cheveux, tout en me menaçant oralement.» Après cette agression, les policiers laissent repartir B. sans autre forme de procès. Il s’agit manifestement d’une intimidation extra-légale. B. porte plainte, et apprend que ceux qui l’ont tabassé ne sont pas des policiers ordinaires : il s’agit d’agents des services de renseignements, chargés de surveiller les militants.

Un an plus tard, B. se retrouve assigné à résidence lors de la COP 21. Il pose donc une question légitime : «Est-il absurde de penser que les sordides “notes blanches” qui ont servi à justifier mon assignation, et celles d’autres activistes parisiens, aient été alimentées par les informations recueillies sur le terrain par les agents de la BIVP, donc également par mon agresseur ?»

La police politique pourrait donc à la fois frapper un opposant qui ne lui revient pas et l’assigner à résidence sans justification réelles, quand l’occasion se présente.

https://paris-luttes.info/les-bonnes-pratiques-des-services-4607

Psychose à Nantes : des biscuits paralysent le centre-ville

23 décembre aux heures de pointe dans le centre de Nantes : des policiers avec des mitraillettes plein les rues, un périmètre de sécurité sur plusieurs centaines de mètres autour de l’arrêt de tramway 50 Otages, des dizaines de mètres de rubalises, les transports paralysés, l’intervention des démineurs… Un dispositif massif est mis en place pour cause d’alerte terroriste !

En fait, de «colis suspect», il s’agit un petit paquet de biscuit, sans doute oublié dans une rame de tramway par une vieille dame étourdie. Un promeneur nantais témoigne : «C’était un petit paquet dans un sac de toile. À peine avais-je remarqué ce paquet à mes pieds que j’ai vu la police débarquer et nous évacuer sans ménagement. Un flic m’a même poussé du tram !»

http://www.20minutes.fr/nantes/1755619-20151223-nantes-colis-biscuits-cree-pagaille-tram

Insolite : le maire d’une commune savoyarde se déguise en terroriste

Une anecdote qui serait drôle si elle ne révélait pas la folie collective qui règne dans certains endroits de France. Le 23 décembre, les gamins d’une école maternelle de Savoie font la sieste. Un assaillant menaçant débarque dans l’école «bonnet enfoncé sur la tête et portant une parka militaire». Panique. Les enseignements et les enfants se barricadent dans les salles, les petits sont traumatisés. Le «terroriste» ? Le maire de la commune, qui n’a rien trouvé de mieux à faire que d’attaquer la maternelle de son propre village pour «préparer les enfants à réagir à une attaque terroriste dans l’école».

Loin d’être condamné, ce canular pitoyable émane de l’Éducation Nationale qui réclame des «exercices de simulation d’attaques terroristes».

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/14721-terrorisme-apprendre-eleves-reagir-attaque-terroriste.html

Pyongyang sur Seine

Sous Sarkozy, Brice Hortefeux montrait ses muscles sécuritaires en annonçant le déploiement de 53 000 policiers et gendarmes pour la nuit du Nouvel An. À l’époque, ces chiffres paraissaient gigantesques, ils illustraient l’État policier voulu par le gouvernement de droite.

Aujourd’hui, Hollande pulvérise tous les records. Ce sont pas moins de120.000 uniformes qui seront présents dans les rues de France pour les fêtes 2015.

Inutile de rappeler que le crescendo sécuritaire n’a jamais empêché les attaques terroristes. En revanche, il sert à nous habituer durablement à la présence de forces armées dans l’espace public, et à nous faire rester à notre place.

http://lci.tf1.fr/france/societe/noel-environ-120-000-policiers-gendarmes-et-militaires-mobilises-8699485.html

Pantin : violences policières au quotidien

À Pantin, en banlieue parisienne, une famille est harcelée par la police. Le 14 décembre 2015, le fils d’une famille habitant Pantin est tabassé une première fois par la police. Les testicules gravement atteints, il est opéré et écope de 30, jours d’ITT. Il porte plainte. Quelques jours plus tard, la police débarque à nouveau dans le quartier et arrête le jeune blessé qui avait déposé plainte, ainsi que ses amis. L’interpellation est violente, la police tire une grenade. La mère de famille descend s’interposer. Elle est frappée à son tour.

Cette descente policière illustre les représailles extra-judiciaires menées par la police contre les familles qui osent porter plainte après avoir subi des violences. Rien moins que du terrorisme d’État.

https://www.facebook.com/nnomansland/posts/1666445830298996?hc_location=ufi

Gendarmes de Saint-Tropez

Vous vous rappelez de l’opération policière ultra médiatisée à Saint Denis. Les policiers avaient abattu les djihadistes dans un petit immeuble du 93, et avaient été chaleureusement félicité. Les médias à l’unisson avaient salué le «professionnalisme» et le «sang froid» des forces de l’ordre.

Un rapport sur cette opération vient de sortir, et il est accablant. Alors qu’aucune arme de guerre n’a été retrouvée sur les lieux, la police a utilisé «1500 étuis percutés», soit plusieurs milliers de balles. Une femme présente dans l’appartement s’était rendue et avait demandé à sortir. Elle avait été abattue. «Aucune précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir» relève-t-on. Le ministère de l’Intérieur évoque malgré tout une «réussite opérationnelle».

Il est désormais acquis que certaines balles reçues par les policiers du RAID proviennent des tirs d’autres policiers situés en contrebas. On peut légitimement se demander si la fameuse chienne policière «Diesel», morte dans l’opération, dont les médias avaient tant parlé, acclamée par les les supporters de la police, n’aurait pas, elle aussi, été tuée par erreur par ses propres maîtres.

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/12/23/assaut-de-saint-denis-le-rapport-du-raid-n-eclaircit-pas-les-zones-d-ombre_4837134_4809495.html

Voisins vigilants

Karim est un vrai beauf. Il adore la police et travaille avec des commissaires : il aime l’uniforme. Il pratique, comme les beaufs, le tir sportif car il aime les armes à feu. Devant son pavillon : un gros 4×4 noir, polluant et ostentatoire. En somme, Karim ressemble à un type de droite lambda comme des millions de bons français : consumériste et ami de l’Ordre. Problème : il est d’origine maghrébine. Ses charmants voisins l’ayant signalé à la police, il se retrouve perquisitionné et assigné à résidence. C’est la magie de l’antiterrorisme : un simple coup de fil suffit à terroriser une famille. La délation, une vieille tradition française aux conséquences cauchemardesques.

http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015/12/29/etat-durgence-vous-avez-de-sales-voisins/

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