Déambulation contre l’aéroport samedi prochain : rions un peu

  • D’un côté, l’ACIPA, association citoyenne contre l’aéroport signe un appel d’une délicatesse inouïe à quelques jours du délibéré du procès des expulsions. L’association refuse tout appel franc à une manifestation, et préfère parler d’une «farandole» qui ne gênerait surtout pas la circulation et resterait donc sur le trottoir. Les organisateurs exigent même qu’il ne soit laissé «aucune trace» ! À peine croyable, alors même que le principe fondamental d’une mobilisation collective a toujours été de laisser une empreinte dans la ville, et de se faire entendre. Manifestement, le traumatisme médiatique du 22 février 2014 est encore douloureux.
  • De l’autre, le chef de file des pro-aéroport, le patron Alain Mustière, prédit au contraire une apocalypse terrible qui s’abattra dans les rues de Nantes samedi. Le militant du béton parle d’un scandale et d’une provocation, et appelle d’ors et déjà à la répression en vue d’un «saccage» de la ville. Rien que ça !

Entre ces deux communiqués surréalistes, on se demande qui remporte la palme du ridicule.

Quoiqu’il en soit, cet échange assez risible par médias interposés montre bien qu’il est inutile de chercher à « plaire » à ses adversaires en adoucissant au maximum le niveau de mobilisation. La victoire de la lutte est toujours le résultat d’un rapport de force, et les actions, même les plus douces, n’empêcheront pas l’État de réprimer un combat qui le dérange.


Sources :

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