Nantes jeudi 9 mars la répression policière s’abat sur les blocus lycéens


Témoignage de Romane, lycéenne de Livet.
Vive la jeunesse de Nantes ! Solidarité!


[Récit et photos : Romane Verchère]

“5H. Le réveil sonne dans les chambres des internes ce matin du 9 mars au Lycée Livet à Nantes. On se faufile discrètement. On escalade la grande grille du lycée et nous voilà dehors. Nous sommes une quinzaine à l’appel du collectif « Boycott, sanctions, actions » pour bloquer notre lycée. Nous voulons protester contre les violences policières.

5H30. Les poubelles commencent à s’empiler dans les 3 rues menant au lycée.

6H30. Deux camions de CRS débarquent, tout le monde s’enfuit. Les élèves sont pourchassés dans les rues, l’un d’eux est emmené au commissariat. Les poubelles sont retirées par les forces de l’ordre.

7H30. Deuxième tentative. Les élèves affluent, et un blocus humain se crée plutôt naturellement. Une centaine d’élèves. Quelques poubelles donnent un peu de crédibilité au blocage. L’ambiance est festive, l’entrée n’est pas vraiment interdite. On laisse passer ceux qui le souhaite vraiment. Musique et rires, des slogans antifasciste sont lancés dans la foule. Quelques policiers plutôt tendus encadrent l’événement.

7H50. Plusieurs fourgons de CRS pointent leurs nez au bout de la rue. Les lycéens font face pacifiquement. Une rangée d’une quinzaine de CRS avance d’un pas déterminé. Au même rythme que leurs pas, ils frappent leurs matraques contre leurs boucliers. Cela ne décourage pas les lycéens qui restent droits, sans pour autant montrer d’agressivité. Les policiers ne s’arrêtent pas et chargent dans la foule sans aucune sommation.

L’administration du lycée ferme la porte principale, coupant toute voie de retrait. Certains élèves sont très violemment bousculés, piétinés, frappés. Les forces de l’ordre ne cesse de gueuler aux lycéens d’avancer alors qu’ils sont bloqués contre la porte, les poubelles et surtout contre leurs camarades.

Plusieurs coups de matraques dans la foule compacte, la nuque, les jambes – AVANCE ! – une jeune fille est poussée contre un mur. Le médecin diagnostiquera une contorsion du coude, de l’épaule et de la clavicule. Personne n’avait résisté ou montré signe de violence.

8H10 : Certains s’enfuient par petits groupes, d’autres restent simplement là, abasourdis par la violence précédente. Les forces de l’ordre encerclent les lycéens restant. La nasse durera plus d’une heure. Quelques professeurs tentent d’extraire les blessés, face à la dureté des policiers. Une élève est quand même emmenée à l’infirmerie. Même à la professeure, il faudra plus de quinze minutes pour faire ouvrir les portes du lycée afin de prodiguer les premiers soins.

Les autres petits groupes vivent des courses poursuites avec les policiers dans les petites rues adjacentes pour être enfin encerclés. Ils fouillent les sacs et prennent tout les noms de ceux qui sont piégés.

9H45. Les forces de l’ordre se replient après avoir nettoyé les rues. Tout est fini, les élèves retournent en cours, mais restent choqués de la répression et de la violence de l’intervention des forces de l’ordre ce matin du 9 mars 2017.”

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