«Assouplissement» de la légitime défense : permis de tuer

  • Dimanche 26 mars, à Paris. La BAC intervient dans un appartement, suite à l’appel d’un voisin. Les agents enfoncent la porte, armes au poing. Un père de famille, Shaoyo Liu, est abattu à deux mètres de distance, devant ses filles. Les policiers invoquent la légitime défense. Selon les trois policiers entraînés, ils auraient été obligés de faire feu face à une paire de ciseaux.
  • Jeudi 30 mars, un fugitif est repéré dans le Loire-et-Cher. Pour l’arrêter, l’État envoie les gendarmes d’élite lourdement armées et entraînées du GIGN. L’homme est abattu par les militaires. Cette fois, la légitime défense n’est même pas évoquée. Les tireurs ne donnent aucune autre justification que « l’individu opposait une forte résistance ». Aujourd’hui en France, une «forte résistance » expose-t-elle à une exécution ?

Deux morts en 4 jours, tués par les forces de l’ordre à balles réelles. Deux drames qui révèlent la militarisation de la police.

Récapitulons. Il s’agit de tirs effectués à l’intérieur même d’un domicile et lors d’une interpellation. A chaque fois face à des individus non armés. Il y a près de 20 ans, les armes dites “intermédiaires”, Flash-Ball puis Lanceurs de Balles de Défense, ont été distribuées aux policiers précisément pour être utilisées dans ce type de situation. Du même coup, on a réhabitué la police à presser sur la détente, à ouvrir le feu en direction d’individus. On a décomplexé le geste.

Nos dirigeant ont justifié ce changement de doctrine en expliquant que ces nouvelles armes permettaient d’éviter le recours aux tirs à balles réelles, puisqu’il s’agissait de “neutraliser” sans tuer.

En réalité, les armes “intermédiaires” ont démultiplié la violence de la police. Des milliers de balles en caoutchouc sont tirées chaque année en France par les forces de l’ordre. Mais en parallèle, les tirs à balles réelles n’ont pas diminué. Ils ont même augmenté, si l’on s’en tient aux coups de feu lors d’émeutes à Aulnay-sou-Bois ou Beaumont-sur-Oise, ou à la banalisation de l’arme de service lors d’opérations de police.

Dans le cas de Shaoyo Liu, la BAC intervient dans un domicile familial arme au poing, prêt à tirer pour tuer. Elle ne prend pas de LBD. Dans le Loir-et-Cher, on envoie une force lourdement armée prête à faire feu pour interpeller un fuyard. L’arme “intermédiaire” a servi de transition vers une police militarisée. Il y a quelques semaines, les socialistes votaient une loi « assouplissant » les conditions de la légitime défense, et couvrant d’avantage l’usage des armes à feu par la police. Nous en constatons d’ors et déjà les effets. Ce gouvernement a du sang sur les mains.

La France s’aligne sur les standards nord-américain.


Sources :

http://tempsreel.nouvelobs.com/…/ce-que-l-on-sait-sur…

http://www.leparisien.fr/…/loir-et-cher-un-membre-de-la…

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