Il y a quatre ans : Clément


5 juin 2013, il y a précisément 4 ans. Clément Méric tombe sous les coups d’une bande de néo-nazis. À l’époque, les médias font tout pour dépolitiser le drame, faire passer le conflit pour une «bagarre entre bandes», et mettre sur un pied d’égalité les pratiques de l’extrême droite et ceux qui s’y opposent. Depuis, la pression sécuritaire, le racisme d’état et les agressions fascistes se sont accentués. Pire, il est de plus en plus flagrant que l’extrême droite vient prolonger la violence d’État :


  • À Lille, un néo-nazi bien connu, qui trafiquait des armes venues d’Europe de l’Est, était couvert depuis des années par des gendarmes car il leur balançait des informations sur ses clients. L’affaire est aujourd’hui connue car l’indicateur d’extrême droite a vendu les armes utilisées par DAESH pour le massacre antisémite de l’hyper-casher en janvier 2015. Jusqu’alors, la police et le vendeur d’arme néo-nazi travaillaient ensemble.
  • À Nantes, il est évident pour toutes celles et ceux qui participent aux différentes luttes que l’extrême droite constitue une force de répression supplémentaire, une sorte de police parallèle. Par exemple, des petits groupes de fachos ont attaqué un centre d’accueil et un squat de migrants ces derniers mois. Au printemps dernier, des manifestations contre la Loi Travail étaient caillassées par quelques fafs qui courraient ensuite se réfugier derrière des lignes de CRS. Tout récemment, au soir du second tour de l’élection présidentielle, deux jeunes qui rentraient d’une manifestation anticapitaliste étaient agressés et laissés pour morts sur la route qu’ils empruntaient. L’un d’eux, gravement blessé à la tête et plongé dans le coma, a failli y laisser la vie. Aucune de ces affaires n’a donné de suites.
  • À Lyon, de nombreux militants ont été frappés par des nervis du GUD ces dernières années. Les identitaires y tiennent notamment un club de boxe et un bar réservé aux blancs. Ces derniers jours, des néo-fascistes ont même ouvert un squat réservé aux français « de souche », sous l’étendard : « Les nôtres avant les autres ». Alors que les squats hébergeant sans distinction de couleur et ceux réquisitionnés pour en faire des espaces de lutte sont généralement expulsés dans les plus brefs délais, le lieu occupé illégalement par les racistes n’a pas été inquiété par la police. Bien au contraire, le bâtiment squatté était même protégé par un important dispositif lors d’une manifestation contre le racisme il y a deux jours !

Alors que Macron n’a été élu que par un formidable hold-up politique basé sur le chantage électoral lié au FN, il s’agit de prendre l’extrême droite pour ce qu’elle est : une clef de voûte du système actuel. Le meilleur hommage à rendre à Clément, c’est donc de continuer le combat contre tous les racismes, la répression et les assauts de l’économie.


Sources :

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.