
Cette épaisse Bande Dessinée – 128 pages – fraîchement parue retrace la véritable histoire de l’anarchiste illégaliste Alexandre Jacob (1879-1954). Véritable gentleman cambrioleur et libertaire, on lui impute des centaines de vols – uniquement chez les ennemis du peuple, églises, magistrats et autres affameurs – commis avec sa bande. Les Travailleurs de la Nuit iront jusqu’à revendiquer leurs coups d’éclat en déposant des petits mots ironiques et moqueurs sur les lieux des larcins, et laisseront quelques flics trop zélés sur le carreau lors de courses poursuites épiques.
L’histoire de ce voleur exceptionnel nous rappelle au passage que les anarchistes de la Belle Époque sont à la pointe de l’innovation et de l’ingéniosité dans l’école du crime : la bande à Bonnot commet les premiers braquages motorisés, Auguste Vaillant est le seul à avoir réussi à faire sauter une bombe à l’Assemblée Nationale, et Alexandre Jacob et ses potes sont des professionnels unanimement reconnus des vols en tous genre. Le drapeau noir tient le haut du pavé dans la France de la fin du 19ème siècle.
Les dessins d’une grande efficacité servent parfaitement la biographie du plus stylé des cambrioleurs, de son enfance marseillaise à son suicide dans un village reculé, oublié de tous, en passant par sa déportation au bagne guyanais. Seul bémol : le héros est représenté avec une coupe de hipster et le scénariste s’est permis quelques libertés sur la fin de la vie du grand Monsieur. L’ensemble reste de très bonne qualité.
À voler et à partager entre toutes les mains !
« Le travailleur de la nuit », Matz et Chemineau, Editions Rue de Sèvres, 2017.
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