À propos de la violence policière en manifestation


Communiqué des Street Medics Nantes. À lire !


Nous, street medics nantais.e.s, condamnons la violence commise par la police lors des régulières manifestations à Nantes. En tant que secouristes autonomes bénévoles organisé.e.s collectivement pour procurer les premiers secours à tout.e blessé.e lors des manifestations, nous déplorons le nombre croissant de victimes que nous avons à prendre en charge et l’obstination de la police à entraver nos actions.

Depuis plusieurs années, on ne peut que constater une intensification massive de l’armement de la police ainsi qu’une aggravation de la répression des mouvements sociaux (*1). Lors des mobilisation contre la loi travail au printemps 2016, nous avons par exemple pris en charge des blessures très graves telles des brûlures au visage par grenade ou la perte d’un testicule par LBD. L’Etat d’urgence instauré en 2015 n’a fait que légitimer ces violences et accroître les possibilités offensives contre les manifestant.es, poussant même les organisations des droits de l’Homme à déployer des observateur.trices (*2). Les armes ont également évolué pour devenir “sublétales” et on assiste à une inquiétante militarisation des forces de l’ordre.

Cette militarisation s’accompagne d’une détermination de la police à réprimer de manière aveugle les manifestations, en témoigne l’hétérogénéité et le nombre de victimes aussi alarmant que révélateur de la déshumanisation du « maintien de l’ordre » et de l’absence de considération des blessé.es, parfois graves(*3). En outre, nous condamnons toute violence exercée sur des individus quel.les qu’iels soient, (manifestant.es actif.ves, passant.es, observateur.trices, journalistes, client.es des bars…) et dénonçons le discours de justification de la préfecture sur la soi-disante “menace” que représenterait la manifestation. Les forces de l’ordre tirent à vue sur tout le monde, et nous-même sommes devenu.es des cibles courantes de leur violence.

Ainsi, la plupart d’entre nous a déjà été interpellé.e, blessé.e, menacé.e, insulté.e, et eu du matériel confisqué (parfois tout à la fois), notamment lors de la récente manifestation du 12 septembre(*4). La palme du motif d’interpellation revient à notre camarade poursuivit pour “port illégal d’une croix rouge” (*5).

Alors que même en temps de guerre il est admis et conventionné que les personnes et structures de secours ne doivent pas être attaquées, les street medics sont, en France 2017, les cibles d’une répression physique et judiciaire. L’état et la police montrent de ce fait une volonté manifeste d’empêcher toute solidarité se mettant en place, de briser toute initiative d’organisation au sein des manifestant.es et permet, en s’opposant à nos actions, de maintenir le biais de la presse qui ne fait jamais mention des blessé.es parmi les manifestant.es – alors que les blessé.es au sein de la police sont eux systématiquement évoqué.es.

Nous ne céderons pas à la pression policière et étatique, et réaffirmons notre intention de porter secours tout en dénonçant le grave usage de la force et la violence dans les manifestations.


Sources :

*1 : le communiqué d’Amnesty International France sur la répression abusive des manifestations : https://www.amnesty.fr/presse/france-rpression-abusive-des-manifestations-sous-c

*2 : pourquoi Amnesty observe les manifestations : https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/pourquoi-nous-observons-des-manifestations-en-france

*3 : le rapport d’une mision civile d’information sur les violences policières lors de la mobilisation contre la loi travail : https://reporterre.net/Violences-policieres-le-rapport-qui-dit-les-faits

*4 : cf. notre communiqué du 12 septembre : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1925349404158372&id=1385627068130611&refid=52&__tn__=C-R

*5 : a propos du “port illegal de la croix rouge” : https://www.streetpress.com/sujet/1475147999-manifestant-proces-port-illegal-croix-rouge


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