Où est-il ?


Steve, jeune nantais de 24 ans n’a pas donné signe de vie depuis la charge de la police le soir de la fête de la musique. 14 fêtards avaient été repêchés dans la Loire.


Chaque heure qui passe renforce l’angoisse de la famille et des amis de Steve. Cela fait désormais plus de deux jours que le jeune homme n’a pas donné signe de vie.

Vendredi soir, la fête de la musique bat son plein à Nantes. Le quai Wilson, un morceau de friche industrielle sur l’île de Nantes est investi, comme chaque année, par un Sound system. Des milliers de jeunes nantais et nantaises vont y terminer la soirée, après la fermeture des bars dans le centre-ville. Ce soir là, les autorités – mairie et préfecture –, ont mis en place un dispositif répressif très important pour gâcher la fête. Dès le début de soirée, Nantes est quadrillée par toutes les unités de police possibles, qui interpellent, verbalisent, surveillent.

Alors que la nuit est déjà bien entamée, c’est autour de 4 heures que la police se déchaîne. Contre une foule de milliers de fêtards qui dansent sur le quai, la police charge, frappe, gaze. Les berges sont peu sécurisées à cet endroit. La zone est inondée de lacrymogènes. L’opération est totalement irresponsable. Tous les témoignages décrivent une scène d’une violence extrême et gratuite des forces de l’ordre. Tout ça pour mettre fin à une fête bon enfant.

C’est la panique. Des fêtards tombent à l’eau. Combien ? Nul ne le sait. Une navette tourne dans les eaux noires de la Loire, avec une lampe, pour repêcher les personnes tombées dans le fleuve. Mais la confusion est grande, et la visibilité réduite. Les pompiers annonceront pas moins de 14 personnes repêchées.

Lundi midi : plus de 48 heures après la fête de la musique, les proches de Steve n’ont pas de nouvelles. Très inquiets, ils ont appelé les hôpitaux et les commissariats. Pas de trace du nantais. Des amis étaient avec lui quelques minutes avant la charge. Ils l’ont perdu de vue, et depuis, plus rien. «Un ami était encore avec lui 15 minutes avant qu’il ne disparaisse» explique une proche de Steve à France 3, «il est parti dire au revoir à des copains à lui, quand il est revenu, Steve n’était plus là, c’était après la charge des CRS». «Je suppose qu’il fait partie des personnes qui ont fini dans la Loire».

Ce midi, les autorités confirment que Steve n’est pas en garde à vue et qu’une enquête pour «disparition» est ouverte. Le préfet annonce à la presse qu’il est «en train de vérifier que tout le monde a bien été récupéré par les pompiers». Le même préfet assume pleinement la répression de la fête de la musique : «les forces de l’ordre interviennent toujours de manière proportionnée. Mais face à des individus avinés, qui ont probablement pris de la drogue, il est difficile d’intervenir de façon rationnelle.»

Un ami de Steve nous écrit : «notre petit groupe d’ami vadrouillait en groupes épars entre les Sound system. […] Vers 2h du matin je m’assois sur les cailloux en face de la Loire […] Steve viens me dire bonjour et on s’amuse car il sert un «jus d’anis». Pas de drogues ni d’alcool a outrance à ce moment là. […] Plus tard, je repasse par le quai en voiture, et là c’est la guerre : il est 4h30. Les CRS avancent en rangs serrés. Lacrymo, grenade de désencerclement, des bouteilles répliquent… Ils visent avec leurs Flash-Balls sur l’épaule. Les gens sont acculés au bord de la Loire… J’étais avec Steve de 1h45 à 2h15. Je ne l’ai pas revu après».

Si vous avez une quelconque information à son sujet, ou permettant de savoir ce qui a pu lui arriver, écrivez à ses proches. Ou à notre page, nous ferons suivre.


Au passage, on félicite le journal Ouest-France qui parle d’un « fait divers » et qui a réussi à accuser notre média d’être « un groupe d’ultra-gauche » parce que nous avons relayé l’appel à témoin envoyé par les amis de Steve.

Particulièrement déplacé vu le contexte…

AIDEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.

Faites un don à Contre Attaque, chaque euro compte.