Cipriano Mera, le Cauchemar de Franco


Cipriano Mera Sanz est né le 4 novembre 1897 à Madrid, militant anarcho-syndicaliste espagnol, membre de la CNT (Confédération nationale du travail)


A las barricadas, hymne de la CNT.

L’Espagne de 1931 est en pleine mutation organisationnelle. La fin de la monarchie laisse place aux rêves les plus fous pour un peuple aux conditions de vie misérables. Gréves ouvrières, insurrections, tentatives de coups d’État par les militaires se succèdent entre 1931 et 1936.

C’est dans ce contexte que Ciprimiano Mera va se battre contre la coalition fasciste lors du coup d’État de Franco en 1936.


“Les grandes révolutions naissent des petites misères comme les grands fleuves des petits ruisseaux”
Victor Hugo


L’Espagne des années 1930

L’Église : 1,5% de la population sont des religieux. 380.000 prêtres, moines, religieuses, 11.000 domaines dont 1000 couvents. L’Église est l’un des plus importants propriétaires fonciers du pays.

Elle est omniprésente dans l’enseignement dont elle a le monopole. Particulièrement riche, le salaire quotidien moyen d’un archevêque est de 110 pesetas.

Par comparaison, le salaire moyen d’un journalier est de 3 pesetas/jour, 5,50 pendant les vendanges. 1.200.000 enfants ne sont pas scolarisés et 45% de la population est analphabète.

Sur une population de 24 millions d’habitants en 1931, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) compte 20.000 membres, le Parti Communiste Espagnol (PCE) 800 adhérents. Côté syndicats, 300.000 personnes adhèrent à l’Union Générale des Travailleurs (UGT, socialiste) et 600.000 à la Confédération Nationale du Travail (CNT, anarcho-syndicaliste). C’est à la CNT que Mera adhéra en 1923 après avoir quitté l’UGT.

Cipriano Mera est l’exemple parfait de la misère qui frappe le peuple espagnol à cette époque. Il apprend à lire et à écrire en prison et devient l’un des dirigeants du syndicat du bâtiment à Madrid en 1931.

La lutte armée

Cipriano Mera, Durruti et Isaac Puente sont désignés par la CNT pour animer un Comité national révolutionnaire à Saragosse. Une répression sanglante met fin à une grève générale pour la libération des grévistes arrêtés en 1932 et 1933. Le 8 décembre 1933 on compte 87 tués et 700 arrestations, dont Cipriano Mera et Buenaventura Durruti. Ils seront emprisonnés à Burgos.

Début juillet 1936 à Madrid, Cipriano Mera est emprisonné avec d’autres dirigeants du comité de grève lors d’une grève du bâtiment lancée par soixante à cent mille travailleurs. Il est libéré par ses camarades le 19 juillets 1936 pour combattre l’arrivée du fascisme en Espagne. La révolution Espagnole commence.


Cipriano Mera et Buenaventura Durruti défendent Madrid en novembre 1936, face aux troupes de Franco soutenues par l’Italie et l’Allemagne Nazie. Au coté des militaire restés fidèle à la République, les Milices confédérales CNT/FAI et les brigades Brigades internationales arrêtent la coalition fasciste dans leur tentative de prise de la capitale. Ce seras la première victoire d’une longue série, Mera fera face à la barbarie fasciste.

Après la bataille de Madrid, le gouvernement refuse de fournir matériel et munitions aux milices qui résistaient à intégrer l’armé régulière républicaine. Les milices furent alors intégrées aux régiments et divisions de l’armée régulière, assujetties à la discipline militaire traditionnelle.

Le 10 février 1937, la colonne devient la XIVème division de l’Armée populaire espagnole, dont Mera est le commandant. Il sera vainqueur des Italiens à la batailles de Guadalajara en 1937. Herbert Matthews, journaliste du New York Times, déclarera que “Guadalajara était pour le fascisme ce que Bailén fut pour Napoléon”.

La bataille de Brunete permet au camp républicain de reprendre la ville. Face à la contre-attaque nationaliste le 25 juillet, la XIVème division de Mera repousse Lister, mettant fin à la bataille de Brunete.

L’exil

À la fin de la guerre d’Espagne et la victoire de Franco, Mera se réfugie au Maroc, alors colonie Française. Mais le gouvernement de Vichy le livre à Franco le 26 avril 1942. Il sera condamné à mort, puis verra sa peine commuée en trente ans de prison et sera gracié en 1946.

Mera fuit l’Espagne franquiste pour la France en 1947 et participe aux activités clandestines du MLE (Mouvement Libertaire en Exil), avant d’être exclu de la CNT en 1965.

Son dernier fait d’arme est en mai 68 à Paris. Fidèle au slogan de la CNT “A las barricadas“, il participe à la plus grande insurrection populaire francaise depuis la commune de paris en 1871.

Il meurt à l’hôpital de Saint-Cloud en 1975, seulement un mois avant son pire ennemi Franco.


L’Histoire retiendra le courage, la pugnacité et la victoire d’un maçon fasse à des soldats de métier surarmés


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