Le patronat lance une offensive contre l’environnement !


Après s’être attaqué aux droits des travailleurs, le MEDEF veut déréguler les normes sur le climat


Nous sommes bien en guerre, mais elle ressemble davantage à une guerre sociale. C’est à dire une guerre menée par les riches contre les pauvres. En effet, “l’État d’urgence sanitaire” donne l’occasion aux puissants d’organiser des reculs inédits contre les libertés fondamentales, contre les droits sociaux, et même contre l’écologie. Ainsi, le patronat réclame une remise en cause de toutes les mesures pour le climat !

On ne présente plus Geoffroy Roux de Bezieux : derrière ce nom à particule, un aristocrate à la tête du MEDEF, le patron des patrons. Il y a quelques jours, celui-ci déclarait : «il faudra se poser la question des RTT et des congés payés». C’est à dire casser les droits des travailleurs au nom de la crise sanitaire. Un peu plus tôt, la presse révélait que ce même patron se promenait tranquillement, en dépit du confinement, de son manoir sur la côte Atlantique à ses locaux parisiens. Roux de Bezieux, toujours le même, est aussi l’homme qui se plaisait à dire «face à une pandémie, un système autocratique semble pour le moment mieux armé pour bloquer une pandémie que ne le sont nos démocraties».

À présent, le MEDEF vient de lancer une offensive contre des mesures environnementales pourtant déjà bien maigres. Dans un courrier daté du 3 avril, adressé à la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne «le MEDEF demande un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales». Par exemple la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’interdiction pour les grandes surfaces de détruire les invendus en 2022, ou encore la suppression des contenants en plastique dans les fast-food d’ici 2023. Bref, même les mesures déjà très timides du gouvernement en matière de pollution semblent déjà insupportables pour les accros du profit, qui réclament l’arrêt de «tous les textes actuellement en cours d’élaboration».

Derrière le MEDEF, on trouve le groupe “France Industrie” et “l’Association française des entreprises privées” (AFEP), qui regroupe les 113 premiers groupes actifs en France. La crème du capitalisme français.

Selon ces lobbys, les règles écologiques «représentent un frein pour sortir de la crise économique», notamment en mobilisant des «ressources importantes au sein des entreprises».


Sauver le capitalisme ou préserver l’environnement : tel est le chantage des patrons


En clair, pour pouvoir relancer l’activité économique, il faudrait pouvoir continuer à polluer en toute tranquillité.

Cette demande du MEDEF n’a pas été suivie d’effet pour l’instant, mais elle démontre que les plus riches sont prêts à tout et ne reculeront que s’ils rencontrent une certaine résistance. Nous sommes en guerre, en guerre sociale.


Source : https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/04/21/climat-le-patronat-s-active-pour-inflechir-les-normes_6037283_3234.html

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