Argenteuil : un mineur reçoit un coup de crosse de LBD au visage, des policiers ont failli l’éborgner


Encore une histoire de barbarie policière en banlieue parisienne contre un jeune mineur. Encore du racisme et de l’impunité. Encore un crime commis par la police d’Argenteuil.


Dans la nuit du 13 au 14 juillet, Mohamed, 17 ans, rentre du travail avec son scooter. Il récupère un ami, et plus tard, grille feu rouge. Une voiture banalisée de police commence à le suivre. Alors que Mohamed s’attend à une amende, les policiers sortent de leur véhicule et le menottent, lui et son passager. Ils enlèvent le casque de Mohamed avant de les frapper. Un policier à la barbe rousse lui donne subitement «un coup de crosse de LBD dans l’œil».

Face à la douleur et au sang qui coule abondamment sur son visage, le jeune crie : «Oh mon Dieu, Allah». Ce qui entraîne une nouvelle violences des forces de l’ordre : «Ils m’ont dit : “Ah oui, tu dis Allah en plus”. Et un policier m’a mis un coup de pied dans la hanche». L’œil gauche de Mohamed continue de saigner, il ne voit plus rien. Il implore les policiers de lui venir en aide. Un des fonctionnaires l’examine et demande à son collègue de ramener une bouteille d’eau. Il enlève les menottes de Mohamed et le met debout en lui tapotant le dos, avant de lui lancer : «T’as vu, tu n’aurais pas fait de délit de fuite, tu ne te serais pas tapé le poteau».

Hospitalisé et gravement blessé, il est tout de même placé en garde à vue. Sa mère ne peut même pas lui rendre visite. : «Il est blessé et je n’ai même pas le droit de le voir !». Un médecin demande aux policiers de lever la garde à vue car sa blessure est sérieuse, il peut perdre son œil. Devant l’urgence, il est transféré à l’hôpital Cochin à Paris. Il y reste cinq jours et endure deux opérations pour sauver sa vision gauche.

Mohammed va garder son œil mais gardera des séquelles. Son globe lacrymal est endommagé «et le sera a priori toute sa vie», selon son avocate. «Les médecins lui ont dit qu’il aurait des larmes qui couleront sans raison et sans qu’il ne puisse les empêcher».

Il n’y a pas que les douleurs physiques. L’histoire a traumatisé toute une famille. «Les frères et sœurs sont très choqués par ce qui est arrivé à Mohamed, qui est l’homme de la famille». Le plus jeune, qui a six ans, est particulièrement touché. «Mon fils ne va pas bien du tout. Il pleure la nuit, il crie. Depuis que c’est arrivé, il a complètement changé», se désole Fethiya. La mère explique aussi que Mohamed crie durant la nuit. «Je ne sais pas comment l’expliquer, je me réveille brusquement», souffle-t-il.

Le jeune homme est toujours visé par deux procédures : «refus d’obtempérer», pour ne pas s’être arrêté, selon la police, et «dégradations de bien public», un délit totalement inventé pour salir la victime, et ne reposant sur rien.

Dans une précédente enquête, Street Press dévoilait 39 témoignages de victimes de multiples passages à tabac, de menaces de mort, d’insultes racistes ou de harcèlement administratif à Argenteuil. Depuis, deux autres histoires vécues par des habitants se sont ajoutées. Celle d’Anthony, qui a pris un coup de LBD à moins de deux mètres dans le dos, et celle de Mohamed, ce mineur de 17 ans qui a failli devenir borgne. La police de la ville a carte blanche pour faire régner la terreur.


Source : https://www.streetpress.com/sujet/1596122858-mineur-failli-perdre-oeil-coup-de-crosse-de-flashball-violences-policieres-darmanin-argenteuil

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