« Le gendarme est de mon côté »

Le Monde publie une enquête sur Frédérik Limol, le militant d’extrême droite qui a agressé très violemment plusieurs de ses compagnes, et qui collectionnait les armes de guerre tout en pratiquant le tir sportif. À aucun moment il n’a été inquiété, bénéficiant d’une impunité hallucinante et constante, jusqu’à commettre l’irréparable. Extraits :
«Frederik Limol s’inscrit, en 2013, à un club de tir sportif de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). « Il venait régulièrement, plus d’une fois par mois, il n’a jamais fait état de quelque signe d’agressivité ou de quoi que ce soit » […] En 2017, il obtient sans problème de son club l’autorisation nécessaire pour constituer un dossier qui doit lui permettre d’acquérir des armes de catégorie B, parmi lesquelles trois pistolets Glock et deux fusils de type AR-15. »
À propos de sa compagne : « il l’attrape par les cheveux, la projette au sol, la menace avec un couteau. Février 2019, c’est un coup de tête sur la terrasse. Elle s’est prise en photo : son visage est maculé du sang qui coule de son crâne. […] Quelque temps après, il lui appuie si fort le canon d’un revolver sur le front qu’elle en garde la marque pendant trois jours. Et puis il lui tire dessus dans le jardin, la rate, maltraite le chien, casse les portes. Catherine A., l’ancienne épouse, le documente devant la justice. En 2019, elle porte à nouveau plainte contre Frederik Limol, et parle dans son audition des menaces de mort et des armes. Dans un mail, il lui écrit : « Je vais te buter, toi et ta fille. »
« Convoqué pour les violences, il déclare en rentrant de son audition que « le gendarme est de [s]on côté ». Effectivement, tout est classé sans suite, aucune vérification n’est faite sur les armes, aucune saisie ou révocation d’autorisation n’est envisagée, Alors que deux plaintes pour violences et menaces de mort ont été déposées contre lui, Frederik Limol voit même ses autorisations de détention d’armes de catégorie B renouvelées par la préfecture du Puy-de-Dôme, en octobre. »
« Il a un profil de trumpiste à la française », décrit Me Pierre de Combles de Nayves. « Il me fait penser à ces électeurs de Trump ultra-armés, à un radicalisé d’extrême droite », corrobore Eric Maillaud. « Quand on refait l’histoire, on se dit qu’un individu comme ça, avec un tel arsenal et de telles idées, aurait pu être surveillé. Mais il n’a allumé aucun voyant du côté des services de renseignement, débordés par le djihadisme et l’ultragauche. »
« La France est le seul pays occidental à ne traiter la radicalisation que d’un point de vue islamiste. Alors qu’on est typiquement sur une personne radicalisée : il est enfermé dans son extrémisme, et produit un passage à l’acte violent. »
Violences sexistes, tentatives de féminicides, idéologie d’extrême droite et armement militaire. Malgré des plaintes et des signalements, un tel individu n’a pas été stoppé, et a même bénéficié du soutien des autorités. Dans le même temps, la police politique persécute des musulmans ou des militants qui se battent pour plus de justice et d’égalité. Pendant que l’extrême droite se prépare à la guerre, c’est « l’ultra-gauche » qui est présenté comme une idéologie terroriste. Le sexisme comme le racisme d’État ont des conséquences dramatiques. Le crime de Frédérik Limol en fait partie.
Article complet : https://www.lemonde.fr/…/frederik-limol-itineraire-d…
AIDEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.