Rapport de force : blocage et séquestration de patrons dans une fonderie bretonne


«On est en mode guerrier. On rentre dans le dur. L’usine, elle est à nous»


Le mardi 27 avril, la Fonderie de Bretagne située à Caudan près de Lorient dans le Morbihan a été bloquée par une centaine d’ouvriers en lutte. Installée depuis 1965, la Fonderie de Bretagne fabrique des bras de suspension, des collecteurs et des coudes d’échappement, ainsi que des différentiels de boîtes de vitesses pour le groupe Renault. Elle emploie 350 ouvriers. En plus du blocage de l’usine, l’équipe de direction a également été retenue par les ouvriers jusqu’au soir. Les ouvriers en lutte réclament leur maintien au groupe Renault qui a annoncé la mise en vente de l’usine le 11 mars afin de «pérenniser les activités et les emplois».

Alors que le 1er mai approche on ne peut que se souvenir, qu’il y a 53 ans que le soulèvement de Mai 68 a débuté par l’occupation et le blocage de l’usine Sud-Aviation près de Nantes, cette action s’accompagnant de la séquestration de membres de la direction, pour les obliger à négocier. Comme aujourd’hui dans le cas de la Fonderie Caudan. Il serait osé de faire le véritable parallèle, tout en étant conscient de la faible fenêtre de tir que nous laisse la période sociale actuelle, sous fond de pandémie…

En revanche, on ne peut que se réjouir que des syndicalistes comme ceux de l’usine Caudan renouent avec ces pratiques de lutte. Cette action rappelle qu’il existe au sein des bases syndicales des travailleurs et travailleuses qui sont conscients du rapport de force pour résister aux attaques du patronat. Loin des grèves sans lendemain parfumées au vin blanc.

Et si des grèves naissaient en soutien à la lutte de l’usine Caudan pour amplifier le rapport de force au sein des fonderies de Bretagne ? L’autonomie des bases syndicales et des usines en lutte et les moyens d’actions comme le blocage, les occupations et la séquestrations des patrons s’il le faut, semblent les plus appropriés dans cette période de durcissement de la guerre sociale.

Sous les pressions de Renault, les sept membres de direction ont été relâchés hier soir avec comme contrepartie le début des négociations : rendez-vous aujourd’hui avec les maires de Lorient et de Caudan ainsi qu’avec le directeur général PS de la région Bretagne. Renault a également assuré que «la recherche d’un repreneur suit actuellement son cours afin de maintenir les activités du site et d’assurer la pérennité des emplois». Ce matin la fonderie était toujours bloquée.


Solidarité avec les ouvriers de Caudan. Ne les oublions pas dans les cortèges du Premier Mai ce samedi.


Sources :

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