Rouen : la police attaque une free party au bord d’un fleuve avec des LBD, des chiens et des grenades


Un blessé grave au visage. Les faits rappellent le drame de la fête de la musique 2019 à Nantes.


Samedi 24 avril à Rouen. Une fête est organisée en fin d’après-midi dans un hangar abandonné le long de la Seine, près du pont Flaubert. Pour empêcher quelques dizaines de jeunes de faire la fête, les forces de l’ordre interviennent rapidement avec des chiens d’attaque, des tirs de balles en caoutchouc et des grenades. Plusieurs personnes sont poussées au sol ou frappées, d’autres reçoivent des tirs ou fuient les gaz sur le quai.

La presse qui a relaté les évènements prétend que la préfecture a voulu «éviter les accidents face à des gens relativement alcoolisés» et sécuriser les personnes «pour éviter les noyades dans la Seine». Les images et témoignages collectés sur place montrent tout l’inverse.

Un nantais présent sur place témoigne : «On était bloqués par à peu près 30 / 40 policiers dont la BAC […] la police a gazé le petit groupe que l’ont était […] on a dû reculer et la BAC a tiré 3, 4 fois du gaz pour nous disperser et a tiré sans retenue des LBD : 15 ou 20 fois dont une qui a touché la mâchoire d’un copain». Notre témoin joint la photo de nombreuses munitions ramassées sur place.

L’homme touché sera emmené à l’hôpital dans la soirée avec la mâchoire fracturée. Il ressortira avec la mandibule en 4 morceaux tenue par des plaques en titane, et une large balafre de la lèvre jusqu’aux joues. La police a encore tiré sans retenue des balles en caoutchouc à hauteur de tête. Un autre fêtard a été blessé à la main par un coup de matraque.

Finalement le matériel sonore n’a pas été saisi et la police n’a pas fait d’interpellation samedi dernier à Rouen. Une pure opération de violence. Ce procédé de tension et de provocation armée en bord de fleuve contre des jeunes qui dansent ne peut que rappeler les sombres évènements de la fête de la musique 2019, lors desquels Steve avait trouvé la mort.


Plus d’infos et de vidéos chez nos collègues de Rouen dans la rue.

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