Le Brésil descend dans la rue contre le gouvernement d’extrême droite


«Contre le Bolsovirus» : récit de notre correspondante franco-brésilienne


Samedi 29 mai, se sont tenues dans toutes les capitales brésiliennes, des manifestations contre Bolsonaro et sa gouvernance. Des centaines de milliers de manifestantes et manifestants réclamaient, entre autres, de la nourriture, des vaccins, le maintien du revenu d’urgence COVID – l’équivalent de 94 euros –, et des financements pour l’éducation. Et, bien sur, la destitution du fasciste Bolsonaro.

En plus de la pandémie, la moitié des brésiliens se retrouvent en insécurité alimentaire, suite à la dévaluation de la monnaie et à la montée des prix des aliments de bases dont les stocks stratégiques ont été liquidés par le gouvernement brésilien pour être vendus aux plus offrants. Le gouvernement néolibéral entend également retirer le revenu d’urgence pour les plus pauvres et a déjà bloqué, pour 20 ans, la somme allouée à l’éducation.

En dépit de la situation politique sanitaire et sociale gravissime, la gauche brésilienne a eu du mal à s’organiser pour appeler à manifester. En effet, après avoir critiqué l’inaction de Bolsonaro pour endiguer la pandémie, notamment son refus de confiner, de porter un masque, ainsi que l’organisation de défilés pro-gouvernementaux… certaines structures considéraient comme «hypocrite» d’appeler à manifester contre le pouvoir.

C’est une commission d’enquête parlementaire prouvant que le gouvernement Bolsonaro a délibérément refusé et ignoré les propositions d’achat de vaccins, qui a finalement convaincu la gauche institutionnelle de se décider, enfin, à appeler à la manifestation. Dans la plupart des villes les défilés se sont bien déroulées, les militants ont veillé à respecter les règles sanitaire et la police est restée à distance.

Mais à Recife, grande ville du Nordeste du Brésil, la fin de la manifestation à été très violemment réprimée. La police militaire semble avoir agit de son propre chef en attaquant les manifestants et des passants avec des balles en caoutchouc, matraque, gaz etc. Le gouverneur de l’État de Pernambouc se défend en niant avoir donné un quelconque ordre aux policiers, il admet donc que sa police est une milice… La manifestation suivait un parcours tout à fait ordinaire et lorsqu’elle a commencé à se disperser, les policiers se sont transformés en chasseurs comme nous explique un manifestant : «Ils se croyaient dans un jeu en ligne de chasse aux zombie, on aurait dit qu’on était plus des humain, ils tiraient (…) plusieurs coups dans une jambe, dans un bras…»

Deux hommes ont été visé à l’œil, Daniel 51 ans, a perdu son globe oculaire alors qu’il faisait ses courses. Jonas 29 ans a été visé par deux tirs consécutifs de balles en caoutchouc dans l’œil et a perdu la vue alors qu’il revenait des ses courses.


Après le Chili et la Colombie, le Brésil entre dans la danse des pays d’Amérique Latine en résistance contre l’ordre néolibéral et autoritaire d’extrême droite.


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