Attaque de la fête de Redon : témoignage

L’État a donc déployé 400 gendarmes armés pour empêcher des jeunes de faire la fête dans un champ, près de la petite ville de Redon. Comble de l’ignominie, cette attaque d’une fête en zone rurale visait un hommage à Steve, tué il y a deux ans, lors d’une charge policière contre la fête de la musique de Nantes. Des dizaines de grenades explosives ont été tirées. Plusieurs blessés graves sont déjà recensés, dont un jeune de 22 ans mutilé à vie : la main arrachée. Alors que les médias construisent déjà un récit totalement mensonger, voici le témoignage d’une personne présente :

«On est arrivés vers 1H/1H30. On a réussi à rentrer dans le champ, et là les gendarmes ont commencé à nous gazer vénère. D’abord juste les grenades incandescentes [les grenades lacrymogènes classiques]. Après ils ont commencé à tirer avec les LBD [balles en caoutchouc] et lancer des grenades explosives [les grenades GM2L] dans le tas. Ils tiraient partout, sur tout le monde. Il y a eu plein de blessés, j’en ai vu 5 de mes propres yeux : jambe, main, visage et bras. Un ami a été gravement blessé.

Les gendarmes nous ont gazé de partout, on n’avait aucune échappatoire. C’était la panique, tout le monde courait partout. Et ils ont envoyé des lacrymo explosives à côté des voitures et tout ! Ils étaient prévenus des blessés. On leur a demandé d’arrêter les tirs pour évacuer mais rien à faire ils ont continué. Même pas de prise en charge de la plupart des blessés, et quand les gens de la fête s’approchaient pour demander, ils se faisait chasser à coup de grenades désencerclement. Les forces de l’ordre ont poussé le mur de son pour qu’il tombe.

Ce matin, ils confinent les gens sur place, plus personne ne peut sortir. Il y a des chiens dans les voitures, il y a des gens qui ont besoin d’insuline, ils ne laissent sortir personne. Même l’eau et la nourriture, on ne peut plus aller en chercher ».

À midi, même les journalistes ne pouvaient plus aller sur zone pour couvrir les événements. Le mutilé, âgé de 22 ans, a du se rendre à l’hôpital par ses propres moyens.


Le fascisme, c’est quand un État est obsédé par le contrôle au point qu’il ne supporte même plus qu’une simple fête lui échappe. Et qu’il est prêt à tuer pour cela.


Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.