đŸ—ïž LE PROJET PHARAONIQUE DE CHU CONFIÉ À LA MULTINATIONALE VINCI

– Le gĂ©ant du bĂ©ton qui portait le projet d’aĂ©roport dĂ©signĂ© pour le chantier pharaonique sur l’Ăźle de Nantes –

Le rĂ©sultat des appels d’offres sera annoncĂ© officiellement prochainement : les travaux pour la construction du nouveau CHU de Nantes viennent d’ĂȘtre attribuĂ©s. Trois entreprises se partageront le gros Ɠuvre de la construction. La premiĂšre d’entre elles est la multinationale Vinci.

Depuis des annĂ©es, les Ă©lus socialistes de la MĂ©tropole veulent absolument « leur » CHU. Un nouvel Ă©quipement, qu’ils veulent implanter sur l’üle de Nantes, contre tout bon sens Ă©lĂ©mentaire. Le nouvel hĂŽpital serait donc situĂ© en zone inondable, sur une Ăźle, isolĂ© de la ville. Tous les experts le savent trĂšs bien : il ne faut pas mettre un hĂŽpital sur une Ăźle. À la moindre crise, les ponts sont encombrĂ©s, bloquĂ©s, et les accĂšs aux soins rendus beaucoup plus difficiles.

Le coĂ»t de ce projet pharaonique et inutile est exponentiel. D’abord Ă©valuĂ© Ă  350 millions d’euros, puis Ă  600 millions en 2012, il est dĂ©sormais Ă  976 millions d’euros, c’est-Ă -dire «le CHU le plus cher de France» selon le mĂ©dia local MĂ©diacitĂ©s. Des experts consultĂ©s estiment mĂȘme que le coĂ»t final en 2026 dĂ©passera 1,5 milliard d’euros. Des dĂ©penses gigantesques qui s’expliquent car il faudra faire tenir le mĂ©ga-bĂątiment sur une zone friable et inondable en installant des pieux de bĂ©tons gĂ©ants dans le sol des bords de Loire pour espĂ©rer faire « flotter » la construction.

L’actuel CHU de Nantes est en plein cƓur de la ville. Parfaitement desservi. Plusieurs services ont Ă©tĂ© rĂ©cemment rĂ©novĂ©s. Avec le milliard et demi qui va servir au futur CHU inutile, combien de soignants pourraient ĂȘtre recrutĂ©s ? Combien de nouveaux lits ? D’équipements performants ? Combien de masques de protection ? Combien de machines Ă  oxygĂšne ? Une vraie question en pĂ©riode de pandĂ©mie durable.
La future infrastructure couvrira 200 000 mĂštres carrĂ©s de surface. Vinci en construira quasiment la moitiĂ©, soit 89 000 mĂštres carrĂ©s. Le reste sera pris en charge par deux groupes : ETPO – Legendre – GCC, et la sociĂ©tĂ© Cardinal.

Le numĂ©ro 1 français du BTP, 20 000 salariĂ©.es et un chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros, se positionne comme le principal constructeur, dans une ville oĂč il est dĂ©jĂ  trĂšs connu. Dans la mĂ©tropole, le logo Vinci est bien connu dans diffĂ©rents parkings payants. Le bĂ©tonneur a aussi Ă©rigĂ© le complexe en face de la Place du Bouffay et de nombreux projets sur l’Ăźle de Nantes : le bĂątiment Ilink, la nouvelle Ă©cole de design ou le nouveau siĂšge d’Orange Ă  l’est de la ville, et bien d’autres.

Vinci, c’est aussi l’entreprise surpuissante qui voulait dĂ©vaster plus de 1000 hectares de bocage Ă  Notre-Dame-des-Landes pour construire un aĂ©roport pharaonique et inutile. Le prĂ©fet qui avait dĂ©clarĂ© le projet « d ‘utilitĂ© publique » Ă  l’Ă©poque Ă©tait en plein conflit d’intĂ©rĂȘts, puisque sa femme travaillait pour Vinci Autoroutes. Il a fallu 20 ans de mobilisations massives, des dĂ©ploiements de forces de l’ordre gigantesques, des milliers de blessĂ©s, des mutilĂ©s et des peines de prison pour que l’Etat abandonne le projet, en versant une compensation Ă  Vinci.

Vinci, c’est aussi 1 milliard de dividendes versĂ©s aux actionnaires en 2019. Pareil en 2020. Et pour les salariĂ©.es : licenciements et remise en cause des acquis sociaux.

Source : https://www.mediacites.fr/
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