34 députés sur 577 votent de nouvelles mesures autoritaires


Régime crépusculaire : moins de 6% des élus imposent une énième loi liberticide et autoritaire ce jeudi 23 septembre


34 voix pour, 8 voix contre et 6 abstentions. Dans une Assemblée Nationale qui compte, théoriquement, 577 députés. Moins de 6% des élus, déjà eux-mêmes peu représentatifs de la population, ont donc voté jeudi 23 septembre une nouvelle série de mesures hautement liberticides. Le «projet de loi sur la responsabilité pénale et la sécurité intérieure».

Première mesure phare : l’usage de drones de surveillance. Le Conseil Constitutionnel a censuré cette mesure il y a quelques mois. Le gouvernement fait donc passer un nouveau texte quasiment identique. Pourquoi s’embarrasser de contre pouvoirs ? Après une série d’échecs, la police va pouvoir surveiller massivement la population avec des drones.

Autre mesure : durcir encore davantage les peines de prison contre celles et ceux soupçonnés de «violences» sur les policiers. La loi prévoit d’alourdir les peines pour des violences commises contre les policiers et les gendarmes, même quand il n’y a pas d’ITT : 5 ans au lieu de 3. Le corps des forces de l’ordre est sacré : il a plus de valeur que celui du commun des mortels. Y porter atteinte même symboliquement est inimaginable. Et à mesure que ce corps, armé, lourdement protégé, entraîné, est sacralisé, celui du reste de la population n’a plus aucune valeur. Morts, mutilations, coups, toujours impunis. La parole du policier fait loi : elle peut envoyer des années derrières les barreaux n’importe qui.

Le texte légalise de nouveau la vidéosurveillance en garde-à-vue. Les rapporteurs avouent que cette vidéosurveillance est pratiquée depuis longtemps mais sans cadre légal. Légalisation également des caméras embarquées sur les véhicules de la police et de la gendarmerie. Comme pour les caméras piétons, une fausse bonne idée : ce sont les agents qui activent et désactivent la vidéo, et donc peuvent utiliser à charge des images, ou dissimuler celles qui pourraient les compromettre.

L’article 16 élargit les possibilités de prise de photos et d’empreintes d’une personne (notamment les mineurs) sous contrainte. Aujourd’hui la police doit, la plupart du temps, obtenir le consentement des personnes pour récolter leur signalétique, c’est-à-dire les empreintes, la prise d’ADN, et les photographies. Même si un refus de s’y soumettre est sanctionné. Il sera désormais possible de le faire de force.

Enfin entre autres mesures cauchemardesque, la «réserve civile de la police» doit «monter en puissance». Une augmentation du nombre de «citoyens volontaires», c’est-à-dire de miliciens, qui vise selon le texte à renforcer le «lien entre la population et sa police». Une population entière de flics. Le rêve des régimes totalitaires.


Jusqu’au bout, l’infâme clan LREM est décidé à saccager ce qu’il reste de libertés, à préparer le terrain au fascisme. On ne compte plus les lois autoritaires imposées par ce pouvoir tout entier soumis à l’ordre policier. Ce vote est une «première lecture». Le texte va désormais passer au Sénat. Affaire à suivre.


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