La surenchère autoritaire de l’époque se heurte parfois au vivant. C’est le cas des drones, ces mouchards volants qui prolifèrent dans le ciel. Cas pratiques.

CORBEAUX VS GOOGLE
En Australie, la filiale de la multinationale Google, baptisée Wing, utilise des drones pour livrer des produits directement chez des particuliers. Cette entreprise teste son dispositif à Helsinki en Finlande, à Christiansburg aux États-Unis ainsi qu’à Logan en Australie. Dans cette dernière ville, qui représente la moitié de l’activité globale de l’entreprise, Wing a dû suspendre son service, à cause des attaques régulières d’oiseaux. Exemples des livraisons : des tasses de café, des goûters, du poulet ou des sushis. Uber par voie aérienne. Mais les corbeaux, attirés par la nourriture, poursuivent et attaquent les drones. Qui doivent lâcher leur marchandise. Échec commercial.
GOÉLANDS VS PRÉFECTURE
La Préfecture de Police de Paris utilise des drones de surveillance depuis des années en toute illégalité. Les goélands ont finalement été les meilleurs contre-pouvoirs. Il est fréquent de voir ces oiseaux attaquer les drones de la police. Le journal Le Monde expliquait en 2019 qu’aucun des «quinze multicoptères» n’avait encore été détruit, mais que les flics chargés de télépiloter «ont dû procéder à quelques replis stratégiques et atterrissages d’urgence pour échapper à la vindicte des goélands». D’autres attaques ont été organisées par les corneilles, notamment durant les manifestations de Gilets Jaunes.
Autre exemple en Autriche, un particulier utilisait un drone dans le Tyrol. Un aigle royal avait fondu sur la proie mécanique, et l’avait emmenée entre ses serres, jusqu’à son nid. En revanche, l’armée a tenté de dresser des aigles pour «intercepter des drones non identifiés», sans succès pour l’instant. Les aigles seraient trop désobéissants et le dressage trop coûteux.
L’ORDRE SÉCURITAIRE CONTRE LA NATURE
Certaines villes, comme Nice ou Deauville utilisent des drones pour déverser sur les nids de mouettes et goélands du liquide qui empêche les œufs d’éclore. À Ostende, en Belgique, ils sont utilisés pour repérer les lieux où nichent ces oiseaux, notamment les toits d’immeubles, avant d’envoyer des équipes pour les neutraliser. Quant à la Préfecture de Paris, elle envisage des drones équipés de haut-parleurs diffusant le cri de prédateurs. La filiale de Google enfin, a fait appel à plusieurs ornithologues pour tenter de résoudre le problème.
Espérons que les capitalistes et la police ne parviennent jamais à se rendre maître des airs
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