? CHIENS DE GARDE ET COURTISANS


Gérard Darmon et Éric Dupond-Maserati : cas d’école de la solidarité bourgeoise


Hier soir sur France 2, dans l’émission «On est en direct», Gérard Darmon chargeait violemment le co-fondateur du site d’informations Mediapart. Sous les rires gras et les yeux goguenards des animateurs de salon Léa Salamé et Laurent Ruquier, l’acteur se fendait d’un misérable laïus contre le journaliste : «Edwy Plenel est un homme qui tremble lorsqu’il parle, c’est quelque chose d’assez troublant», «Vous savez tout et rien d’autre, je vous reproche d’être juge et policier de temps en temps en lançant des infos, en passant des coups de fil et en donnant des choses en loucedé». Passer des coups de de téléphone pour recouper des sources, donner des informations : faire du travail de journalisme. C’est cela qui dérange les puissants et leur Cour.

Un comble, tant il existe peu aujourd’hui de média à forte audience qui dérange autant le pouvoir. En gros, ce que Gérard Darmon reproche au journaliste de Mediapart, c’est de faire son travail d’enquête et d’investigation. Un travail d’utilité publique, rare îlot indépendant au milieu d’un océan de médias inféodés aux intérêts des puissants. Ce matin, Darmon allait même plus loin. Sur la chaîne d’extrême droite du multi-millardaire Vincent Bolloré, l’ancien comédien se confiait sans honte au micro de Pascal Praud : «Je suis déçu par les méthodes de Mediapart. J’aime bien qu’on débusque des dossiers, qu’on parle de choses dont personne ne parle, ce que vous faites sur votre plateau CNEWS, mais pas les méthodes de Mediapart». Ce n’est même plus «plutôt Hitler que le Front Populaire», mais «Plutôt un plateau d’extrême droite qu’une investigation indépendante».

Et il continue «Eric Dupond-Moretti est mon ami (…). Et je sais que Médiapart a essayé de lui couper la tête». Il y a tout dans ces déclarations : mépris de la liberté de la presse. Promotion d’une chaîne d’info en continu, devenue l’organe de propagande de l’idéologie néofasciste. Petit arrangement entre amis et solidarité de classe de la “petite” bourgeoisie parisienne. Et pour cause. Mediapart épinglait dans une enquête aujourd’hui l’horripilant garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti. Le ministre de la justice aurait perçu 100 000 euros via une mystérieuse société offshore basée aux Seychelles lorsqu’il était avocat. Société dont il n’a jamais été le conseil. Une somme avec laquelle l’ancienne star du barreau s’est empressée d’acheter une voiture de luxe à Monaco. Une Maserati. On comprend mieux la bassesse et la violence de l’attaque de Darmon contre Médiapart.

Les voyous sont au pouvoir. Et ils peuvent compter sur leur caste pour les défendre. Destituons-les !