Le policier recherché pour avoir tué sa compagne arrêté après trois semaines de fuite


Le ministre de l’Intérieur l’a annoncé ce matin : Arnaud B., policier recherché pour avoir étranglé à mort sa compagne, a été arrêté. Ou plutôt, il s’est rendu «sans incident» ce mardi 22 février. L’agent de 29 ans était recherché depuis le 28 janvier, soit plus de trois semaines, alors qu’il était en cavale avec son arme de service. Au moment des faits, ses collègues ont découvert dans son appartement parisien le corps de sa compagne sans vie.


Quelques rappels :

  • Arnaud B. était connu pour des actes de violences conjugales. À tel point qu’en 2019, il a fait une Garde à vue pour ces violences. Il avait bénéficié d’une alternative aux poursuites. Selon Le Monde «il avait été sanctionné d’un avertissement, une sanction disciplinaire parmi les plus légères de la fonction publique, dont aucune mention n’est portée dans le dossier de l’agent».
  • Immédiatement après les faits, un syndicaliste policier était en direct à l’antenne de BFM TV pour «demander à ce collègue de se manifester très rapidement», et déclarait : «on va tous trouver une solution ensemble, qu’il ne se sente pas seul et qu’il ne commette pas l’irréparable». Comme si tuer une femme n’était pas irréparable. Et que voulait-il dire par «trouver une solution ensemble» ?
  • Depuis trois semaines le policier Arnaud B. était en fuite avec son arme de service, alors qu’il était théoriquement sous le coup d’une sanction administrative qui lui interdisait de conserver son pistolet en dehors du travail.
  • Aucun avis de recherche n’a été diffusé pendant plus de 10 jours, procédure pourtant classique dans ce type d’affaire. C’est d’ailleurs une amie de la victime qui a d’abord diffusé le signalement du policier sur les réseaux sociaux. Ce n’est que le 8 février que le préfet de Paris a mis en ligne, pour la première fois, des photos de l’individu.
  • Le policier Arnaud B. a effectué un retrait de 1500 euros deux jours avant que sa voiture ne soit retrouvée. C’était le 10 février à Breteuil. Cela veut dire que son compte en banque n’était toujours pas bloqué.
  • Le policier Arnaud B. a finalement été interpellé dans le Var, dans la petite commune où réside son père. L’agent a donc non seulement pu retirer de l’argent, se promener avec son arme, mais aussi traverser la France pour rejoindre sa famille qui n’était pas surveillée.
  • Selon des infos du Parisien, il s’est constitué prisonnier en se présentant de lui-même à la gendarmerie de la commune de Montmeyan. L’arrestation a eu lieu en douceur, comme le souligne Gérald Darmanin.

Nous ne tirons aucune conclusion du déroulé de cette affaire. Ce n’est pas notre rôle. Demandez-vous seulement : si le tueur avait exercé n’importe quelle autre profession que policier, aurait-il pu faire tout cela ? Aurait-il pu rester 10 jours sans avis de recherche ? Aurait-il pu retirer de l’argent ? Et enfin, est-il possible qu’Arnaud B., policier, ait bénéficié d’une aide de la part de ses collègues ?


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