Il y a 4 ans : l’assassinat de la militante Marielle Franco au Brésil


Violences d’État, fascisme et impunité


Marielle Franco lors d'un discours

Il y a 4 ans, le 14 mars 2018, une conseillère municipale de Rio de Janeiro, au Brésil, Marielle Franco et son chauffeur Anderson Gomes étaient assassiné-es à coups de mitraillette alors qu’iels quittaient un événement en voiture.

Le double homicide est jusqu’à aujourd’hui impuni. Marielle était une militante issue des favelas. Noire, féministe, elle militait pour les droits humains et se battait contre les violences policières. Elle amplifiait la voix des familles des morts par la police. Ce sont ces combats qui l’ont rendue dérangeante pour la classe politique de Rio et c’est pour cela qu’elle a été assassinée. Le soir même de l’exécution, les rumeurs d’un assassinat à motivation politique émergent.

Au Brésil, les assassinats politique sont courants, Global Witness affirme que «207 militants écologistes, défenseurs des droits de l’homme, de la terre ou de la forêt ont été assassinés au Brésil entre 2010 et 2015». On découvre assez vite des liens entre une organisation milicienne composée d’anciens policiers et des personnalités politiques brésiliennes, ce qui expliquerait la lenteur de l’investigation.

Parmi les trois chefs miliciens identifiés, deux sont des anciens policiers. Le personnage central, Adriano da Nobrega était un ancien policier du BOPE – une troupe d’élite meurtrière – en fuite depuis 2019 et proche de la famille Bolsonaro. L’épouse et la mère de Adriano étaient embauchées au cabinet du Député Flavio Bolsonaro, le fils du président.

En 2020 le milicien a été tué par des policiers et n’a donc jamais pu être interrogé… Ce mois-ci on découvre que les effets personnels d’un des tireurs ont finalement été transmis aux procureurs après être resté trois ans en possession de la police de Rio. Visiblement les autorités n’ont vraiment pas envie de résoudre cette affaire… La pression populaire est la seule chose qui fait que l’on parle de ces assassinats, autrement ils auraient été oubliés comme les centaines d’assassinats politiques au Brésil.

Un festival est actuellement organisé pour rendre hommage à la militante à la date anniversaire de son assassinat. «Ceux qui l’ont tuée ne s’y attendaient pas, mais son héritage est immense et pas qu’en politique. Marielle est présente dans chaque femme des favelas qui part travailler aux aurores, dans la jeune fille qui veut entrer à l’université», rappelle la responsable d’un institut fondé en sa mémoire.

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