Pillage en bande organisée

957.000 euros. C’est le montant touché par McKinsey du gouvernement pour une mission à la CNAV, la «Caisse nationale d’assurance-vieillesse». Le cabinet privé devait intervenir «dans le cadre de la réforme des retraites».
Non seulement les membres du cabinet ont été tellement discrets que les fonctionnaires ignoraient tout de cette «mission», qui n’a été découverte que grâce aux travaux de la commission d’enquête sénatoriale, mais cette «intervention» de McKinsey n’a jamais abouti à rien. «Le projet de système universel a été mis entre parenthèses, puis abandonné» explique Le Monde.
Pour 957.000 euros d’argent public, il ne reste pour «seules traces tangibles» qu’un PowerPoint et un carnet de 50 pages, décrit la sénatrice rapporteuse de la commission d’enquête sur les cabinets privés. Concrètement, cela veut dire que chaque page du carnet de McKinsey a coûté 19.140 euros. Plus d’un an du salaire médian français. Pour une seule page ! On peut parler de corruption, d’emploi fictif, de détournement de fond, de pillage en bande organisée.
Pour des syndicalistes de la CNAV, le recours à ce cabinet privé est une insulte : le gouvernement insinue que l’institution n’a pas les «capacités intellectuelles» suffisantes pour réfléchir sur des thèmes qui la concernent, et que cet argent aurait pu «être utilisé pour rémunérer les collègues» qui subissent l’austérité salariale depuis de nombreuses années.
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