Inflation : qui paie la note ?

Les pays de l’Union Européenne font face à une augmentation des prix aux alentours de 7,5%, jusqu’à 11% aux Pays-Bas. Alors que cette dynamique inflationniste était déjà bien avancée depuis le début de l’année, la guerre en Ukraine et l’enchérissement des prix des carburants et des matières premières agricoles qui l’accompagne, ne fait qu’aggraver la situation. Il faut noter que cette inflation touche principalement les produits vitaux, dont les catégories modestes peuvent difficilement se passer, et pas les produits de luxe dont s’abreuvent les classes supérieures.

La crise sanitaire avait déjà fait apparaître une grande précarité au sein de la population. Rappelons à ce sujet l’augmentation inédite du nombre de personnes ayant recours à des dispositifs d’aide alimentaire et les files d’attente des étudiant-es qui cherchaient à se nourrir alors que Macron poursuivait son délire sécuritaire, payant des flics pour faire respecter un couvre-feu inutile au lieu de venir en aide aux plus démuni-es. Si on peut considérer que cette crise sanitaire est exceptionnelle, les réformes du gouvernement sortant (bientôt sorti, on peut l’espérer) n’ont, elles, rien à voir avec la conjoncture.

L’attaque contre l’assurance chômage, par exemple, faisant passer de 950 à 650 euro par mois l’indemnité pour les salarié-es au SMIC est une véritable déclaration de guerre contre les plus pauvres, exploité-es comme jamais. Comme si tout cela ne suffisait pas, dans ce contexte d’inflation, les grands groupes ont recours à deux méthodes qu’il faut absolument dénoncer.

La première, relativement connue, consiste à diminuer la quantité de produit vendu tout en maintenant le prix au même niveau, il s’agit de la «shrinkflation» : on grappille des bouts de chandelle pour maintenir les marges bénéficiaires au détriment des consommateurs. La seconde, plus discrète mais certainement plus néfaste, vise à remplacer une partie des produits par des composants moins chers : c’est la «cheapflation». Certains produits ne sont plus au chocolat mais «chocolatés», des ingrédients jugés trop onéreux sont substitués par d’autres peu digestes, plus gras ou plus nocifs pour l’environnement.

Au nom de leurs profits, certains groupes trouvent donc normal de dégrader la qualité des denrées qu’ils mettent en vente, au mépris de toute logique de santé publique. La population se trouve prise en étau, avec d’un côté une classe politique largement acquise aux intérêts du capital et de l’autre des groupes industriels et commerciaux qui n’hésitent pas à reporter sur les plus pauvres les effets indésirables d’un marché qu’ils ne cessent pourtant de promouvoir.


Face à cet état de fait, une seule solution : l’organisation du peuple par lui-même et pour lui-même !


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