Fête de la musique : garde à vue et procès pour une banderole et un sweat


«Ils ont mis mon pull et la banderole sous scellé !»


Mess est parisien, engagé dans le mouvement des Gilets Jaunes. La date du 21 juin résonne en lui, il a été marqué par la mort de Steve, il y a trois ans. Pour cette fête de la musique, il se trouve à Nantes. Le soir, il rejoint un rassemblement sur la Place du Bouffay. Il y a des concerts dans la rue, beaucoup de badauds, mais aussi une petite fresque fleurie qui rend hommage aux personnes tuées par la police.

Vers 21h, une banderole est dépliée. Un petit cortège de quelques dizaines de personnes se faufile dans les ruelles, suivi par un très important dispositif policier. «J’étais là pour ouvrir les yeux aux gens. En soutien à la famille» explique Mess.

Une charge policière très brutale a lieu à l’angle d’une rue. Des coups de matraque pleuvent pour arracher la bannière. Mess est à l’avant : «je tenais la banderole». «Ils me choppent» décrit Mess, qui est emmené par des dizaines de policiers vers un fourgon. Direction, le commissariat.

Le Gilet Jaune passera 18h en garde à vue. Il ne sortira qu’à 18h30 le lendemain. Il ne s’est pourtant rien passé. Excepté une banderole déployée et quelques slogans criés. Alors que lui reprochent-ils ? «J’avais un sweat avec un drapeau antifa et les chiffres 1312 dessus. Ils veulent me poursuivre pour outrage.» Sur quelle base ? Mystère. Le chiffre 1312 peut correspondre à beaucoup de choses, par exemple une date, un code. Mess est aussi accusé par la police d’être à l’origine du rassemblement : «selon eux, je serais organisateur de la manifestation interdite». Manifestation qui n’a de toute façon pas eu lieu, sauf à estimer que marcher dans une rue déjà bondée rentre dans cette définition.

«Ils m’ont dit que j’aurais un procès. Pour l’instant, la date n’est pas fixée» termine Mess. Qui précise : «Ils ont mis sous scellé le pull, la banderole aussi». Deux preuves d’un délit hautement dangereux.

Cette affaire révèle encore la paranoïa et la démesure du régime, prêt à tout pour faire taire et terroriser quiconque rappellerait les violences de la police. Le procès risque d’être un grand moment de parodie de justice. Des magistrats vont-ils débattre autour d’un sweat et du contenu visuel d’une bâche ? Absolument aucun élément ne tient la route. Quoiqu’il en soit, Mess aura du soutien au tribunal.

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