L’opacité d’un système d’oppression économique


«Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin»


«Si la population comprenait le système bancaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin» Henry Ford

L’auteur de cette phrase n’est pas un anticapitaliste mais le patron américain Henry Ford, celui qui a crée un empire automobile, organisé le travail en tâches séparées et cadencées dans les usines pour augmenter la productivité. Une figure illustre du capitalisme mondial, ultra-réactionnaire et qui avait aussi soutenu le régime nazi. Cette citation date de près d’un siècle, mais elle reste toujours aussi vraie.

Savez-vous qu’à chaque crise, qu’il s’agisse de celle des subprimes ou du Covid, ce sont les États, c’est-à-dire l’argent public, qui renflouent les banques et les grandes entreprises privées ? Quand le secteur privé est en difficulté, il appelle l’État au secours, le reste du temps, il cherche à faire le maximum de profit sur le dos de l’intérêt commun. Pour faire simple, cela s’appelle nationaliser les pertes et privatiser les profits. Gagnant à tous les coups pour le capitalisme.

Savez-vous que pendant le Covid, les grandes entreprises ont pu emprunter aux Banques Centrales de l’argent à taux négatif ? Cela veut dire que l’emprunteur rembourse moins que ce qu’il a emprunté ! Le milliardaire Bernard Arnault s’étonnait même lors d’une conférence à l’école polytechnique sur cet «argent qui se déverse de manière incroyable, donné par les banques centrales. Nous, le groupe LVMH, on emprunte à des taux négatifs. C’est la première fois dans les affaires qu’on nous dit ”monsieur on va vous prêter de l’argent et en plus on va vous payer. C’est formidable’.» À l’inverse, les particuliers ne peuvent plus emprunter ces derniers mois, car les intérêts explosent depuis la guerre en Ukraine. Et pour les personnes à découvert les banques prélèvent des sommes astronomiques pour les “frais bancaires”.

Savez-vous que l’État français emprunte ces derniers mois à des taux «indexés sur l’inflation» ? Plus les prix augmentent, plus la charge de la dette publique augmente. Les dirigeants français organisent la banqueroute de l’État. Les centaines de millions empruntés peuvent être remboursés jusqu’à 143% de leur valeur en fonction de l’inflation. À votre avis, qui va payer la différence durant les 10 prochaines années ? On expliquait tout ça il y a quelques jours ici.

Savez-vous que les capitalistes spéculent sur l’eau, le blé, et même la pollution, en achetant et vendant des permis d’émettre des gaz à effet de serre sur les marchés financiers ? Ce marché des quotas permet aux multinationales de s’enrichir sur la destruction du climat !

Savez-vous que la France augmente le prix de l’électricité pour faire plaisir aux entreprises privées concurrentes d’EDF ? Une structure nommé ARENH – Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique – permet aux fournisseurs privés de s’approvisionner en électricité auprès d’EDF dans des conditions fixées par les pouvoirs publics. Et pour permettre à la «concurrence» de s’exercer, l’ARENH relève les barèmes de prix, car ils seraient trop favorables à EDF ! Ce transfert d’investissements publics pour les profits du privé est expliqué ici.


La main invisible du marché, c’est le vol et le chaos. Nous subissons un braquage en bande organisée.


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