🔊 Rennes : nuit de fĂȘte et de rage


«Pour une fĂȘte libre et sauvage, soutien aux inculpĂ©s de la teuf» proclame une banderole jeudi 29 septembre au soir, dans le centre-ville de Rennes.


Comme partout, la manifestation syndicale du jour a Ă©tĂ© particuliĂšrement fade, mais la jeunesse aspire Ă  faire la fĂȘte et occuper la rue. C’est donc un rassemblement musical qui dĂ©marre, en soutien aux free party. Faut-il rappeler qu’Ă  proximitĂ© de Rennes, deux teufs ont Ă©tĂ© rĂ©primĂ©s avec une extrĂȘme violence, Ă  Redon et Lieuron ces derniers mois, causant de nombreuses arrestations, blessures et mutilations ? Faut-il rappeler que dans la ville voisine, Nantes, un jeune est mort noyĂ© lors de la fĂȘte de la musique ? Faut-il rappeler que depuis des annĂ©es, la fĂȘte libre est attaquĂ©e par les autoritĂ©s, en particulier dans l’ouest ?

Quoiqu’il en soit, Ă  peine dĂ©marrĂ©e, la fĂȘte est gazĂ©e. Un feu est allumĂ© Place Sainte-Anne, en plein cƓur de la ville. Des centaines de personnes s’y regroupent, Ă©coutant de la musique. D’autres assauts policiers ont lieu, accueillis par des feux d’artifice. AprĂšs des tirs de lacrymogĂšnes et de balles en caoutchouc, la soirĂ©e termine par un autre feu devant la mairie.

Les mĂ©dias font dĂ©jĂ  leurs gros titres sur «l’ultra-gauche» et le «dĂ©sordre» Ă  Rennes. Pourtant la ville bretonne ne fait que renouer avec sa tradition. Le «jeudi soir» rennais est une habitude depuis des dĂ©cennies : des soirĂ©es Ă©tudiantes bien arrosĂ©es et souvent agitĂ©es. Sous Sarkozy, une prĂ©fĂšte choisit la maniĂšre forte : l’envoi massif de CRS dans la ville les jeudi met un terme Ă  cette tradition locale. D’une certaine maniĂšre, jeudi 29 septembre 2022, c’Ă©tait un retour des vieilles habitudes.


Images : Elias, Jerem, Astalo, Ouest-France et Le Telegramme