Assistanat : 156 milliards d’aides aux entreprises par an


Les capitalistes vivent sous perfusion, l’État est à leur service


Les patrons nous coûtent cher, très cher. C’est ce que démontre un rapport scientifique réalisé par le Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques et l’Institut de recherches économiques et sociales pour les syndicats, à l’initiative de la CGT.

Un chiffre à retenir : en France, le montant des aides publiques aux entreprises est de 156 milliards d’euros par an. 156. Milliards. Par an. D’argent public pour aider les entreprises privées.

Un montant qui a augmenté de façon exponentielle ces dernières décennies : il ne représentait “que” l’équivalent de 10 milliards d’euros en 1980. Une multiplication par 15 donc.

Une somme pareille est difficile à comprendre tellement elle est colossale. C’est au moins 20 fois le fameux déficit des retraites qui justifierait, soi-disant, de reculer l’âge de départ en retraite et de faire mourir les gens au travail. C’est deux fois le budget de l’Éducation Nationale, qui compte plus d’un million de salariés et représente la première dépense de service public du pays ! Ça représente aussi 25% de la masse salariale du privé, donc plusieurs millions de salaires. C’est enfin plus de 30% du budget de l’État – les dépenses du budget général de l’État français étaient de 426 milliards d’euros en 2021 selon la Cour des comptes. Un tiers de tout ce que l’État dépense, c’est pour «aider» les patrons. C’est énorme.

Pour calculer ce montant, les chercheurs ont compilé plus de 2000 dispositifs de soutien aux entreprises pour obtenir un chiffre solide, incontestable, avec une méthodologie rigoureuse. Mais il est encore sous-estimé car les 156 milliards reposent sur des données 2019, donc avant les aides de 80 milliards supplémentaires durant la pandémie, ni aux nouvelles aides face à la crise énergétique.

Que peut-on en déduire ?

  • Il n’y a jamais eu de «crise». Une infime partie de ces aides aux entreprises suffirait à renflouer tous les services publics, bloquer les prix, garantir des retraites et des revenus décents pour tous… Tout recul social, toute baisse des retraites, des minimas sociaux, de l’allocation chômage, est un vol supplémentaire pour gaver les patrons. Pas une “économie nécessaire”.
  • Le néolibéralisme n’est pas la disparition de l’État. Les libéraux nous font croire que leur modèle, c’est la «libre entreprise», la «baisse des dépenses», la «concurrence libre et non faussée». Rien n’est plus mensonger. Les entreprises privées vivent sous perfusion massive d’argent public. Sans l’État, le secteur privé s’effondre. Les plus grands des assistés, ce sont les patrons.
  • En réalité, quoiqu’en dise Macron et ses adeptes, nous sommes loin d’un affaiblissement de l’État. C’est une nouvelle forme de gouvernance : destruction méthodique de l’État social qui protégeait un peu les plus pauvres. Moyens illimités pour la répression : l’État devient policier. Et aide gigantesque au grand capital, en le soutenant financièrement. En clair, le néolibéralisme, c’est l’État tout entier au service du capitalisme.

Le rapport complet : http://www.ires.fr/index.php/etudes-recherches-ouvrages/etudes-des-organisations-syndicales/item/6572-un-capitalisme-sous-perfusion-mesure-theories-et-effets-macroeconomiques-des-aides-publiques-aux-entreprises-francaises

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