bell hooks : la consommation, la peur et l’amour

“Le règne du matérialisme produit un monde narcissique où la vie se réduit à la possession et à la consommation. L’amour ne peut pas s’épanouir dans une culture narcissique.”

“Quand la consommation cupide prévaut, la déshumanisation gagne en acceptabilité. Dès lors, il n’est plus seulement acceptable de traiter les gens comme des objets, mais c’est un comportement requis. C’est une culture de l’échange commercial, la tyrannie des valeurs du marché. Ces valeurs structurent la manière dont nous nous rapportons à l’amour.”

“Une culture de la domination s’appuie sur la peur qu’elle cultive chez les individus, afin de garantir leur obéissance. Dans notre société, nous faisons grand cas de l’amour et nous parlons peu de la peur. Pourtant, nous souffrons toutes et tous d’une peur terrible la plupart du temps. Notre culture est obsédée par la notion de sécurité. Mais l’on ne se demande jamais pourquoi l’on vit dans cet état extrême d’anxiété et d’effroi. La peur est la principale force d’appui des structures de domination. Elle favorise le désir de séparation, le désir de rester des inconnu.es. Lorsque l’on a toujours appris à se sentir en lieu sûr dans la similitude, toute différence, quelle qu’elle soit, apparaît comme une menace. Lorsque l’on choisit d’aimer, on choisit de s’opposer à la peur, à l’aliénation et à la séparation. Choisir d’aimer, c’est choisir de se lier – de se retrouver dans l’autre.”


bell hooks (1952-2021), militante et intellectuelle féministe noire


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