? SNCF : perdre des millions pour briser la grève

Depuis plusieurs jours, la meute des chiens de garde médiatiques se déchaîne contre la grève des cheminots qui aura lieu au moment des fêtes. Sur certains plateaux, il est même question d’interdire la grève, un droit constitutionnel. Des élus de droite appellent à casser le mouvement et des journalistes disent qu’il s’agit d’une “prise d’otage” et d’une “grève surprise” alors que les préavis sont posés depuis octobre. En juillet déjà, une pétition de plus de 4500 contrôleurs était envoyée à la direction de la SNCF.

Comme toujours, s’il y a un responsable de cette grève, c’est la direction qui n’a pas écouté ses salariés depuis des mois. Il était possible d’éviter ce blocage. Faire grève, cela coûte cher, surtout en période de crise sociale et d’inflation, et personne ne le fait par plaisir. Pour croire ça il faut vraiment ne jamais s’être impliqué dans des luttes sociales, comme les commentateurs privilégiés des chaînes d’info.

Ce jeudi 22 décembre, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, affirmait que la grève des contrôleurs SNCF coûterait “sans doute une centaine de millions d’euros à l’entreprise”. Dans le même temps, la SNCF annonçait qu’elle allait rembourser le double du prix des billets annulés.

Avec 100 millions d’euros, la direction aurait largement pu augmenter les salaires et écouter les grévistes. Mais les néolibéraux préfèrent “perdre de l’argent public” que payer les travailleurs et travailleuses à un niveau normal. La posture de la SNCF n’est rationnelle ni socialement, ni économiquement. Il s’agit d’une logique dogmatique : ces gens sont des idéologues. Ils sont prêts à dépenser des millions plutôt que de céder. Perdre plus, mais ne rien lâcher, c’est leur position.

La logique était la même avec la grève des raffineurs cet automne, avec des semaines de blocage, des pénuries et des millions d’euros perdus plutôt que d’augmenter les raffineurs. Le gouvernement et la direction SNCF préfèrent dépenser dans le vide plutôt que de céder aux revendications. Ils veulent éviter l’effet de contagion. Le but est de démoraliser les grévistes, de montrer que la lutte ne paie pas, alors que des secteurs toujours plus nombreux exigent une augmentation des salaires.

Les patrons le savent : ce qui est obtenu par une grève risque d’en motiver 100 autres. La victoire d’un secteur, c’est une brèche pour les autres… Soutenons les grèves partout où elles ont lieu !

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