⛓️ Conditions inhumaines dans les prisons de Rennes


Eau non potable, rationnement : chronique de l’horreur carcérale


Vue aérienne de la prison centrale de Rennes

Les détenu-es de la maison d’arrêt des femmes, du quartier de semi-liberté de Rennes et du quartier de prise en charge de la radicalisation, alertent depuis la fin novembre sur les conditions de vie indignes qu’iels subissent et sur l’urgence absolue d’intervenir. Du 23 novembre 2022 jusqu’au début du mois de janvier, l’accès à l’eau courante leur a été coupé du fait de la présence de bactéries toxiques dans les canalisations ! L’ingestion de cette eau aurait ainsi envoyé plusieurs détenues à l’hôpital.

Plus d’eau potable, plus de douches, plus de chasse d’eau, plus de moyen de laver la vaisselle… des conditions d’hygiène inhumaines ! Et l’administration pénitentiaire se contentait de distribuer chaque jour un litre d’eau pour boire et un litre pour l’hygiène… en sachant que la consommation moyenne d’eau par personne et par jour en France est évaluée à 148 litres d’eau selon le Centre d’information sur l’eau. Oui, pour se laver et assurer la propreté minimale d’un être humain, il faut plus d’un litre.

Les canalisations de ces vieilles prisons sont tellement vétustes et pas entretenues que se développent toutes sortes de bactéries toxiques qui rendent l’eau courante impropre à la consommation, ni même à l’utilisation pour l’hygiène. L’eau est donc coupée, sans solution, pour des centaines de détenu-es privé-es d’eau courante.

En plus des conditions d’hygiène déplorables qui peuvent avoir un impact particulièrement dangereux pour la santé (infections, transmissions de maladies, etc), s’ajoute l’inquiétude liée aux bactéries auxquels iels sont exposé-es. Il leur a seulement été évoqué la présence de bactéries sans plus de précision, et la nécessité d’une intervention sur les conduits.

Pour leur propre sécurité sanitaire, les détenu-es demandaient des réductions de peines exceptionnelles et des libérations anticipées pour des raisons sanitaires. Ce qui a déjà été fait lors de la pandémie de Covid-19 pour des raisons évidentes de santé publique.

La privation d’hygiène et d’eau courante potable est une atteinte à la dignité humaine. Rappelons que soumettre une personne à des «conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine» est une infraction pénale punie de 5 ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende. Alors, qui sont ici les criminels ?

Contactée par notre équipe le 17 janvier 2023, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Rennes nous assure que «les problèmes liés à une éventuelle non potabilité de l’eau» ont été résolus dans les différentes prisons depuis la semaine dernière, sans plus de précision. Questionnée sur les interventions qui ont pu avoir lieu et les analyses effectuées sur l’eau, la direction interrégionale assure, sans plus de détail, que des «analyses ont eu lieu, attestant de la potabilité».

Selon le média l’Envolée, l’accès à l’eau a effectivement été rétablie mais sans aucune communication aux détenu-es sur d’hypothétiques analyses réalisées sur l’eau. Les détenu-es n’osent donc pas la boire par mesure de sécurité mais l’administration pénitentiaire refuse désormais de fournir de l’eau en bouteille… Demande a été faite à l’administration de la prison de révéler les analyses, si celles-ci ont été effectuées. Des détenus du centre de semi-liberté ont pris l’initiative de faire sortir un échantillon d’eau afin de réaliser des tests, à leur frais.

Si vous détenez de nouvelles informations sur la situation actuelle, n’hésitez pas à nous contacter. Jadis, l’expression «au pain sec et à l’eau» désignait l’enfermement au cachot. En 2023, en France, il n’y a parfois même pas d’eau pour les enfermé-es !


Source : https://lenvolee.net/coupure-deau-au-qsl-de-rennes-appel-de-prisonnieres-du-cra-de-mesnil/

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