Près de Lens : encore une Free Party sous le feu de la répression


Lacrymogène, LBD et arrestations contre une fête bien organisée


Une énorme Freeparty s’est déroulée le week-end dernier près de Lens, au niveau d’une friche industrielle de la ville. Les festivités ont débuté dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 février 2023 à Loison-sous-Lens, et pour l’occasion c’est un complexe de hangar désaffecté qui est réquisitionné par les organisateurs de la rave clandestine. À l’intérieur on pouvait retrouver pas moins de 6 grands murs de son devant lesquels entre 1500 et 2000 teufeurs ont dansé tout le week-end.

Les organisateurs avaient pourtant bien balisé le site pour que la fête se déroule dans des conditions optimales. Un plan montrait les différentes zones accessibles et celles qui ne l’étaient pas, un accès dégagé pour les secours et un stand de réduction des risques en soirées étaient même prévus ! Cela n’a pas empêché les forces du désordre de venir dès le vendredi soir pour embêter les teufeurs qui arrivaient par centaines, en leur bloquant l’accès au site.

Le samedi les flics mettent les bouchés doubles et consolident leur emprise sur le lieu de la fête. Ce n’est pas moins de 200 agents qui seront mobilisés sur place. En effet, selon des témoignages, des participants ont essayé de rentrer par tous les moyens possibles. Les flics préféraient voir les participants se mettre en danger en essayant d’accéder au site plutôt que de les laisser rentrer par les accès principaux, encore une fois on voit que la police est là pour protéger et servir…

Aux alentours de 11h30 le dimanche, les organisateurs entament collectivement une pause pour nettoyer le site sur fond musical. Oui, le monde de Freeparty est un monde d’autogestion temporaire et avec de fortes valeurs sociales et écologiques.

Vers 16h30 la préfecture ordonne l’évacuation du site immédiatement et manu militari ! L’ordre n’est que partiellement communiqué aux participants et aux organisateurs, ce qui donne lieu à plusieurs scènes d’incompréhension. Selon les témoignages recueillis sur place, plusieurs personnes auraient été forcées de quitter les lieux sans même prendre le temps de se reposer, et les flics ordonnent même à certain-es de prendre leur voiture même s’ils sont en état d’ébriété ou de laisser la voiture sur place sans qu’ielles puissent récupérer leurs affaires…

Toutes ces scènes conduisent les teufeurs à se questionner sur les méthodes d’évacuation, une foule se forme devant les CRS qui sont en position devant les accès des hangars. Verbalement et par leur nombre, les fêtards font trembler les forces du désordre qui n’hésitent pas une seconde à charger, gazer et tirer dans le tas, sans distinction. Plusieurs personnes sont touchées par des tirs de LBD. Des barricades se montent devant les accès du site à l’initiative des participant-es pour soutenir les organisateurs qui appelaient, eux, au dialogue et à la désescalade.

Les CRS répliquent avec d’autres tirs de LBD et des jets de grenades de désencerclement. Ils procèdent même à une dizaine d’interpellations. N’oublions pas que c’est le même genre d’armes qui a amputé un teufeur à Redon deux ans plus tôt… Les forces de l’ordre finissent par prendre le contrôle du site. Les organisateurs se font une nouvelle fois saisir leur matériel.. Deux dépanneuses sont réquisitionnées par la préfecture pour emmener les véhicules restant sur place, bien que ce soient les flics à avoir forcé les participant-es à partir sans leur permettre de s’assurer de leur capacité à conduire. Alors les derniers participant-es sur place bloquent la route pour empêcher les dépanneuses d’atteindre le site. Après quelques négociations la tension redescend et un dialogue sensé se construit enfin. C’est la fin de la fête. Plusieurs personnes ont été placées en garde à vue et les organisateurs de la fête sont «recherchés» par les autorités.

Voici comment notre gouvernement traite avec la jeunesse et les cultures alternatives. Quel message envoit-on à notre jeunesse qui se fait violenter pour le seul fait de se mobiliser (comme lors des récents blocus lycéens) ou de faire la fête ? Tout est fait pour soumettre la jeunesse, que l’on a privée d’avenir stable et de planète vivable, et à qui on refuse tout simplement le droit de vivre librement. Nous devons garder le cap et maintenir ces événements éphémères pour prouver à notre gouvernement que malgré les attaques nous serons toujours là pour faire vivre ses différents mouvements !


Une cagnotte de soutien au sound system saisi par la police est en ligne : https://www.helloasso.com/associations/fonds-de-soutien-juridique-des-sons/formulaires/5

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