Nantes, 11 mars : pas de justice, pas de paix


Ce samedi 11 mars, 25.000 personnes dans les rues de Nantes, sous la pluie. Même avec ce nombre remarquable, c’est moins de monde que les journées précédentes. Mais il y a toujours autant de détermination.


Alors que la mairie socialiste, dans son obsession contre-insurrectionnelle, faisait enlever toutes les poubelles et autre mobilier urbain sur le parcours des manifestations, la grève des éboueurs laisse pour la première fois les rues de Nantes pleines de conteneurs.

Devant la préfecture, des mariés qui sortent de la mairie sont acclamés par les manifestant-es et paradent, tout sourire, au milieu du cortège. L’ambiance est beaucoup moins douce quelques centaines de mètres plus loin. Premiers gaz place du Cirque, alors qu’une barricade se monte, puis une charge violente de la BAC et des CRS survient, la BAC tente des interpellations sans succès car les parapluies du cortège sur lesquelles les matraques se sont acharnées ont protégé la foule qui est restée solidaire.

À partir de ce moment là, sur le Cours des 50 Otages, charges et contre-charges se succèdent, les chaises des cafés voisins volent en direction des flics qui sont également repeints en rouge et jaune.

Les affrontements sont particulièrement durs, la bataille est rude pour recomposer un cortège face aux assauts policiers. Entre autres résistances, des militant-es CGT qui vont faire reculer une ligne de CRS. La foule fait bloc. Comme d’habitude, le gaz est tiré à profusion. La répression monte d’un cran : la réforme des retraites avance au Sénat mais le pouvoir s’impatiente, les autorités se montrent intraitables. À Nantes, il n’y a pas eu une seule manifestation qui a pu défiler sans être agressée, mais ce samedi, c’est encore pire. De nouvelles charges dans la foule ont lieu cours Olivier de Clisson.

Alors que la trajet reprend, la passerelle qui mène au tribunal de Nantes, toujours férocement gardée, est étonnamment accessible. Le dispositif de répression a été désorganisé. Quelques centaines de personnes s’engouffrent vers l’édifice, qui est tagué «justice nulle part». Les épaisses barrières de protection vacillent, un feu de poubelles est allumé devant ces dernières. La police répond par une attaque très violente : une charge sur la passerelle, qui provoque un mouvement de foule très dangereux. Sur l’esplanade, nouvelles attaques, une personne est blessée à la tête par l’explosion d’une grenade et s’effondre. Plusieurs personnes sont interpellées par une équipe de la BAC en roue libre.

Pendant qu’une nasse se forme devant le tribunal, des gaz sont tirés de l’autre côté de la Loire, sur les manifestant-es qui tentent de forcer une ligne de CRS pour débloquer la passerelle. Peu après, les forces de l’ordre qui s’y trouvent sont encerclées. Nouveaux gaz. La foule s’est largement dispersée. Une partie tente une dernière incursion vers le centre-ville mais le rapport de force est trop défavorable. Plus d’une dizaine de personnes auraient été interpellées.

Rendez-vous mercredi 15 mars, pour aller plus loin.


Notre reportage vidéo de la manifestation :


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