
Il y a exactement une semaine, le ministre de l’Intérieur Darmanin menaçait la Ligue des Droits de l’Homme, association républicaine fondée il y a 120 ans pour défendre les droits humains. La presse et la classe politique parlaient d’un «dérapage» isolé. Il n’en est rien. Ce mercredi, ces propos néofascistes ont été confirmés jusqu’au sommet du gouvernement.
Au sénat, le chef des Républicains Bruno Retailleau a estimé que la LDH «se perd dans les querelles et un certain nombre de problématiques d’extrême-gauche» avant d’ajouter : «Je pense qu’il faut remettre en cause les subventions de l’association si son action n’est plus conforme à son objet social».
Le sénateur François Bonhomme est allé plus loin : «Cette association s’exonère des explications sur la façon dont elle utilise les moyens alloués […] Comment l’État peut il subventionner des associations qui font profession de jeter l’opprobre sur les forces de l’ordre, particulièrement face à des groupes violents et armés qui cherchent à tuer nos policiers et nos gendarmes». Assez peu étonnant venant des Républicains, parti désormais aligné sur l’extrême droite.
Mais la Première Ministre Borne a confirmé sur toute la ligne l’offensive contre les droits humains : «J’ai beaucoup de respect pour ce que la LDH a incarné, je ne comprends plus certaines de ses prises de position. Cette incompréhension n’est pas nouvelle, elle s’est fait jour dans ses ambiguïté face à l’islamisme radical, et elle s’est confortée depuis quelques mois».
Après avoir qualifié la LDH «d’ultra-gauche» et l’avoir accusée de s’en prendre à la police, c’est la cheffe du gouvernement qui l’accuse de complicité avec «l’islamisme radical». Vous avez compris la manœuvre : défendre les droits fondamentaux, c’est presque du terrorisme. C’est un discours néofasciste, qui n’a rien à envier à ceux d’Erdogan, Trump, Le Pen, et à tous les dictateurs du monde.
Ce qui se passe en France est extrêmement grave. Tout ce qui ne se soumet pas au gouvernement, tout ce qui n’est pas d’extrême droite, est désormais «d’ultra-gauche», «islamiste radical» voire «séparatiste», et s’expose à la répression. Plus personne n’est à l’abri, pas même les associations les plus modérées, les plus consensuelles, les plus reconnues. Nous basculons chaque jour vers la dictature.
Pendant que le gouvernement menace les droits humains, nous apprenons que la ministre Marlène Schiappa a utilisé des millions d’euros d’argent public d’un fonds créé suite à l’assassinat de Samuel Paty pour financer du contenu politique contre les opposants à Macron pendant les élections.
Pouvoir autoritaire, sans foi ni loi ni morale.
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