Des grilles et des pics au Stade de France : mise en danger des supporters


Une histoire tragique


Images des grilles en bas de la tribune, avec des pics dressés vers le haut

Le 15 avril 1989, 96 personnes meurent lors d’une bousculade dans le stade d’Hillsborough, à Sheffield, dans le nord de l’Angleterre.. À l’époque, lors d’un match entre le FC Liverpool et Nottingham, les autorités ont installé des grilles dans les tribunes, au nom de la lutte contre le «hooliganisme». Le mouvement de foule provoque l’écrasement de dizaines de personnes.

Quatre ans plus tôt, le 29 mai 1985 à Bruxelles, un mouvement de foule entraîne la mort de 39 personnes dans un stade de Bruxelles, ainsi que 465 blessées, asphyxiées ou écrasées dans les tribunes.

Depuis ces évènements, tout le monde sait qu’il faut éviter les grilles dans les stades, car cela peut tuer au moindre mouvement de panique. C’est pourtant ce que le gouvernement Macron, aux abois, déploie ce samedi au Stade de France.

Pour mettre en cage les supporters qui comptent huer Macron, des grilles ceinturent les tribunes. Pire, il y a des pics métalliques en haut de ces grillages.

L’Association Nationale des Supporters rappelle : «S’il y a des incidents graves, la préfecture et la FFF devront assumer. En cas d’incident empêchant de quitter la tribune par le haut, il y a aura un phénomène d’écrasement sur les barrières de bas de tribune». «C’est notamment ce qui a provoqué les 39 morts au Heysel, raison pour laquelle on ne met plus jamais de grilles en bas de tribune : le terrain doit être une échappatoire».

Le préfet de police Laurent Nuñez assure que les «grilles avec des piques au Stade de France (…) peuvent s’abaisser en cas de pression majeure» sur BFM, comme si c’était censé nous rassurer.

Macron a réalisé un tour de force : il est parvenu à transformer une fête sportive, la finale de Coupe de France, en scandale d’État. Ce soir, des drones vont survoler le stade, des contrôles massifs auront lieu, 3000 policiers seront déployés. Des hommes en armes entourent déjà des syndicalistes qui distribuent des cartons rouges. Et des grilles avec des pics en tribunes. Le stade transformé en forteresse répressive pour faire taire toute contestation.

Symbole terrible un an avant les Jeux Olympiques de Paris. L’illustration d’une dictature qui s’installe.

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