Casse des retraites : violence sociale et humiliation


Les patrons appliquent déjà la réforme des retraites


C’est une violence sociale et une humiliation qui prend la forme d’une lettre recommandée. Vous profitez enfin de votre retraite après une vie de labeur, et la nouvelle tombe comme un coup de poing : vos anciens patrons vous demandent de retourner au travail.

C’est le choc vécu par 16 employés de la Drôme, révélé par France Bleu il y a quelques jours. Au début du mois d’avril, alors que le recul de l’âge de départ en retraite n’était même pas encore prononcé, l’entreprise Orano envoyait à ses anciens salariés un courrier officiel les obligeant à reprendre le travail. En effet, la réforme de Macron concerne les personnes nées après 1961, même si elles ont cotisé le nombre d’années nécessaires ou si elles sont en pré-retraite.

La lettre dit à ces salariés qu’ils doivent choisir entre un congé sans solde, toucher moins d’argent… ou revenir au travail. Ils doivent donc «se mettre en contact avec le service des ressources humaines» et soit revenir au travail, soit perdre près d’un tiers de leur revenu actuel.

Orano, c’est le nouveau nom de l’entreprise Areva. Une multinationale détenue par l’État français qui gère notamment les centrales nucléaires. C’est cette entreprise semi-publique qui se précipite pour humilier ses propres salariés avec la réforme des retraites.

Au total, une soixantaine de salariés du secteur nucléaire, qui ont travaillé sur les sites nucléaires du Tricastin et de la Hague pour Areva, doivent reprendre le travail pour 3, 6 ou 12 mois. La mesure devrait concerner de nombreux autres Français nés après 1961 et ayant déjà cessé leur activité.

«Nous avons déjà été remplacés, comment voulez-vous qu’on nous attribue un nouveau poste ?» demande un des travailleurs concernés. Une situation ubuesque, comme beaucoup de décisions prises sous Macron. Pire, ces courriers ont été envoyés avant même que la loi ne soit promulguée, avant même qu’elle soit en vigueur. Les syndicats de l’entreprise n’ont pas été prévenus. Probablement l’initiative de petits bureaucrates et de managers brutaux, irrationnels et inhumains qui anticipent les mesures injustes décidées au-dessus d’eux. La seule raison est la volonté d’humilier.

On se souvient que le gouvernement promettait l’application de sa réforme «dès la rentrée de septembre». La direction d’Orano a pris les devant. Elle se vante même dans les médias : «C’est notre rôle d’entreprise responsable d’anticiper, de prévenir le salarié pour ne pas qu’il ait une mauvaise surprise à l’automne ». Cynique.


Source : https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/drome-deja-a-la-retraite-ils-doivent-choisir-entre-revenir-au-travail-ou-perdre-de-l-argent-5994306

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