Flambée des colères le 14 octobre : comment ça pourrait se passer ?


Alors qu’un appel tourne sur de nombreux réseaux, Macron continue à mépriser la population et les grandes surfaces se gavent toujours plus. Comment imaginer un mouvement efficace ?


Un caddie en flamme lors d'une manifestation

La colère contre l’inflation monte sans vraiment trouver d’issue et, comme au début des Gilets Jaunes, les revendications et les modes d’organisation sont encore flous. Comment imaginer les formes que pourrait prendre un mouvement victorieux contre la vie chère ? Comment ne pas reproduire une fois de plus ce qui a échoué ? Les possibilités sont multiples, on voit notamment des appels à se retrouver devant les supermarchés partout en France. Qu’est-ce que cela implique ?

Les manifestations dans les centre-villes sont totalement contrôlées par la police et, lorsqu’elles ne sont pas suffisamment massives, elles exposent à une répression d’une violence bien supérieure aux «victoires», mêmes symboliques, qui peuvent être obtenues. D’autres modes d’actions ont été utilisés essentiellement dans les années 1970 et 1980 en France et en Italie contre le coûts de la vie : les «autoréductions». Ces actions ont été réalisées plus récemment dans les années 2000 lors de mouvements étudiants ou de luttes de chômeurs. Il s’agit d’entrer collectivement dans un grand magasin pour obtenir une «réduction» ou la gratuité des produits pour les redistribuer.

Chaque ville est truffée de supermarchés qui se gavent, et tout le monde sait où se trouvent les plus grandes surfaces et les centres commerciaux identiques et déshumanisés. Concrètement, une ou deux cibles de grande distribution peuvent être imaginées par des groupes locaux et être diffusées, à la manière des premiers appels de Gilets Jaunes qui se donnaient un rond-point précis comme lieu de rendez-vous.

Il y a ensuite plusieurs possibilités d’organisation :

➡️ Des rassemblements statiques devant les grandes enseignes, qui peuvent à eux seuls provoquer la fermeture du magasin et causer des pertes économiques à leurs propriétaires.

➡️ Lors des luttes passées, des personnes mobilisées pouvaient faire leurs courses collectivement en se répartissant les produits (du pain, des produits laitiers, des conserves…) avant de ressortir ensemble afin de redistribuer ce qui aura été récupéré aux personnes dans le besoin. Par exemple en 1970, un groupe communiste envahi le magasin de luxe Fauchon à Paris, sort avec du saumon, du foie gras et autres mets haut de gamme pour aller les donner dans des bidonvilles de banlieue parisienne. En terme de message, l’action a eu plus d’impact que la casse ritualisée en manifestation.

➡️ Individuellement ou par petits groupes, chacun remplissait ses caddies de façon anonyme puis, au moment de passer en caisse, au même moment : tout le monde refusait de payer. Cela provoquait un blocage des caisses qui, parfois, conduisait la direction à céder et à laisser sortir les gens sans payer. Là encore, les gens repartent ensemble et partagent tout dans les quartiers. Les Restos du Cœur n’arrivent plus à couvrir l’ensemble des besoins ? Les gens récupèrent à la source ce qu’il leur manque.

➡️ Autre modalité, il est arrivé que des pique-niques s’organisent à l’intérieur même des supermarchés. Même pas besoin de sortir les victuailles, tout est à portée de main ! La dimension de redistribution est moins évidente mais le côté jovial d’un pique-nique improvisé reste joyeux.

➡️ Rien n’empêchait que, pendant qu’un rassemblement avait lieu, d’autres actions d’autoréduction soient menées de façon autonome dans d’autres supermarchés.

➡️ Si l’autoréduction est hors de portée, les personnes motivées pourront s’organiser entre elles afin de bloquer un point stratégique et empêcher l’accès au centre commercial.


Chacune de ces possibilités exigeait un grand sens de la solidarité et de l’organisation pour être un succès.


Cet article n’est qu’un rappel historique sur des pratiques utilisées par les luttes du passé que beaucoup d’entre nous ont oublié. Il n’est en aucun cas une incitation. Il ne faudrait surtout pas que le 14 octobre ou après, partout en France, des groupes fassent leurs courses et attaquent le système contre la vie chère…

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