Coupe du monde de ski : un glacier saccagé


La coupe du monde de ski alpin va démarrer le 11 novembre, et elle met en danger un glacier. Une piste de ski élaborée pour la compétition est dessinée sur les territoires suisse et italien. Et elle passe sur une partie du glacier suisse du Théodule.


Ces dernières semaines, les images de pelleteuses défonçant le glacier millénaire ont provoqué le scandale en Suisse. Pour aplanir la piste, des engins de chantier détruisent le glacier situé dans les Alpes du canton du Valais. Les responsables prétendent que les pelleteuses n’ont rien cassé mais ont effectué des travaux pour combler des crevasses. Le tracé de la piste excède les limites de la zone dédiée aux activités de ski, ce qui a fait réagir les ONG de défense de l’environnement, qui ont saisi les autorités suisses. Elles se sont contentées d’un avertissement.

En Autriche, les glaciers Pitztal et Ötztal étaient visés en 2019 par des opérations de «nivellement» sur 64 hectares pour façonner de nouvelles pistes skiables et étaient destinés à être rasés sur 1,6 hectares pour laisser la place aux bâtiments de futures stations Le tout malgré les actions et protestations d’ONG telles que le WWF. Comme en Suisse, il s’agit d’amener des bulldozers tailler dans la glace. À la Clusaz, c’est une retenue d’eau en haute montagne qui était prévue pour stocker les ressources nécessaires à la production de neige artificielle.

Rappelons que les glaciers fondent à un rythme alarmant sous l’effet du réchauffement climatique. Selon les glaciologues de l’Académie suisse des sciences naturelles, les glaciers suisses ont fondu autant ces deux dernières années qu’entre 1960 et 1990, sous l’effet de conditions météorologiques extrêmes exacerbées par le dérèglement climatique. Après avoir perdu 6% de leur volume en 2022, année record, ils ont encore fondu de 4% cette année, deuxième recul le plus important depuis le début des mesures.

D’ailleurs, l’année dernière, des épreuves de Coupe du monde de ski avaient dû être annulées en raison de l’absence de neige, et surtout de l’impossibilité d’en créer en raison des températures élevées.

Enfin, le ski alpin est un sport particulièrement nocif pour l’environnement, entre l’artificialisation des terres, la transformation des montagnes pour les adapter aux pistes, l’énergie consommée par les stations et pour fabriquer de la fausse neige, le bouleversement de l’écosystème pour la faune locale… tout cela alors qu’une petite minorité puisse en profite, car il s’agit d’un loisir onéreux. Seulement 10% des Français partent à la montagne l’hiver.

Pour les amoureux de la nature, la randonnée ou le ski de fond sont beaucoup plus accessibles et respectueux de la nature.

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