Gaza : l’ONU invoque l’article 99, une alerte maximale pour réclamer un cessez-le-feu


Trois gouvernements sur cinq du Conseil de Sécurité de l’ONU soutiennent «inconditionnellement» Israël, cela n’aura donc probablement aucun effet


Mardi 5 décembre 2023, l’Organisation Mondiale de la Santé déclare : «En moyenne, un enfant est tué toutes les 10 minutes à Gaza. Je pense qu’en ce sens, nous sommes proches de l’heure la plus sombre de l’humanité. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu durable».

Le lendemain, c’est le secrétaire général de l’ONU qui déclenche l’article 99 de la Charte des Nations Unies pour saisir le Conseil de sécurité «compte tenu de l’ampleur des pertes en vies humaines à Gaza et en Israël, en si peu de temps».

«Je viens d’invoquer l’article 99 de la Charte des Nations Unies – pour la première fois depuis mon mandat de Secrétaire général. Face au risque grave d’effondrement du système humanitaire à Gaza, j’exhorte le Conseil à contribuer à éviter une catastrophe humanitaire et à appeler à un cessez-le-feu humanitaire» écrit Antonio Guterres.

«Les hôpitaux sont devenus des champs de bataille», explique le secrétaire général, qui ajoute que «sans abri ni éléments essentiels pour survivre, je m’attends à ce que l’ordre public s’effondre bientôt complètement». Plus de 100 employés humanitaires de l’ONU ont été tués dans les bombardements sur Gaza, un bilan inédit dans ce siècle.

Le bureau de coordination de l’aide humanitaire de l’ONU évoque une «intensification significative» des bombardements israéliens depuis lundi. En trois jours, au moins 1.207 Palestiniens ont été tués, dont 70% étaient des enfants et des femmes. La boucherie a repris.

Mais en quoi consiste ce fameux «article 99» ? Il stipule que le Secrétaire général de l’ONU «peut attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute question qui, à son avis, pourrait menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationale».

Ce Conseil de sécurité compte 5 États membres permanents : la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni. Conformément au droit international, ce Conseil de sécurité pourrait décider d’imposer un cessez-le-feu humanitaire immédiat et envoyer des troupes d’interposition si nécessaire. La lettre d’Antonio Guterres a été envoyée au Président du Conseil de sécurité à New York mercredi 5 décembre au matin.

Le problème est que dans ce Conseil, trois gouvernements sur cinq soutiennent «inconditionnellement» Israël. Dont notre infect président Macron. Cela n’aura donc probablement aucun effet.

Cet article 99 aura au moins une utilité, plutôt misérable : les dirigeants occidentaux qui soutiennent politiquement et militairement le régime qui commet actuellement des crimes contre l’humanité ne pourront pas faire comme s’ils n’avaient pas été alertés de la plus vive manière par les plus hautes instances internationales. Au regard de l’histoire, les noms de Biden, Macron et Sunak seront liés à tout jamais à l’un des plus grands massacres de civils de notre début de siècle.

Financez Contre Attaque
Tous nos articles sont en accès libre. Pour que Contre Attaque perdure et continue d'exister, votre soutien est vital. 
Faire un don

Une réflexion au sujet de « Gaza : l’ONU invoque l’article 99, une alerte maximale pour réclamer un cessez-le-feu »

  1. La réponse:

    En réaction, le ministre israélien des Affaires étrangères Eli Cohen a qualifié de « danger pour la paix mondiale » le mandat d’Antonio Guterres.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *