La demande en gaz baisse mais les prix augmentent


Le prix de l’électricité a encore augmenté et celui du gaz continue de s’envoler. Le 1er juillet, la facture de gaz va de nouveau monter de 5,5% à 10,4% en France.


C’est l’annonce de la commission de régulation de l’énergie. Car les prix ne flambent pas tout seuls, nous avons une institution chargée de fixer les prix de l’énergie, en accord avec les directives européennes. Et devinez qui est à sa tête ? Une proche de Macron, l’ancienne ministre Emmanuelle Wargon, qui fut aussi lobbyiste pour Danone.

Cette dame formidable a osé déclarer : «c’est essentiellement lié au fait que la consommation baisse». Selon elle, les coûts d’acheminement du réseau de gaz «doivent être supportés par les consommateurs moins nombreux». Les macronistes sont incroyables : en principe, les prix augmentent quand il y a plus de demande et baissent quand il y en a moins. C’est la base de l’économie de marché libérale dont ils sont les champions. Nos super dirigeants viennent d’inventer les prix qui montent à tous les coups.

Emmanuelle Wargon n’a pourtant pas tout à fait tort : le gaz s’inscrit dans ce qu’on appelle des “monopoles naturels”, où les coûts d’infrastructure sont tellement importants que, sur un marché, c’est la première entreprise qui s’impose qui s’empare de tout le marché. C’est pour cela que l’économie de marché est défaillante et que ces monopoles doivent, en priorité, être gérés collectivement. C’est pour cela que EDF ou GDF étaient des entreprises nationales, avec des tarifs régulés, et qu’il est particulièrement scandaleux d’ouvrir ces secteurs à la concurrence.

Emmanuelle Wargon n’a donc pas tort, mais son rôle était d’empêcher cette hausse des prix, pas de la justifier. Des managers gavés d’idéologie libérale se retrouvent à la tête de toutes les institutions qui gèrent les biens collectifs, et les médias se demandent encore d’où vient l’inflation ? D’un hold-up en cours, organisé par la macronie.

En octobre 2022, le gouvernement lançait une campagne publicitaire débile, prenant les français pour des enfants intitulée : «je baisse, j’éteins, je décale». À l’époque, il fallait baisser la consommation de gaz et d’électricité, et la sobriété était obligatoire. C’est chose faite. Mais les prix continuent d’exploser.

Pourtant le cours du gaz sur les marchés n’a pas cessé de baisser : il avait atteint son pic en mai 2022, après le démarrage de la guerre en Ukraine, et il est quasiment trois fois plus bas aujourd’hui. Chacun l’aura constaté, les factures n’ont pas été divisées par trois, bien au contraire.

Ainsi même quand la demande baisse parce que les gens n’ont plus les moyens, le prix augmente. Ça s’appelle un hold-up.

Selon une étude de l’Insee publiée en 2022, «10% des Français vivent dans un ménage qui n’a pas les moyens financiers» de se chauffer, contre 5 à 7% entre 2014 et 2021. Et la forte augmentation des prix aggrave la situation. Des pans entiers de la population basculent dans la précarité énergétique et l’insécurité sociale. Et si tout le monde arrêtait de payer ?

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