Dans l’Hérault : pour avoir soutenu la Palestine, un maraîcher menacé et un client arrêté


Clermont-l’Hérault est un bourg situé dans le Sud de la France, entre Montpellier et Béziers. Sur le marché de la commune, on trouve Mariano, maraîcher bio et commerçant historique qui vend ses produits et affiche son soutien depuis des années à la cause palestinienne.


Sur son stand, en plus de ses récoltes, plusieurs T-Shirts affichent des slogans solidaires du peuple palestinien. Mercredi 14 février, le vendeur portait lui-même un sweat avec un poing levé et le slogan «Free Palestine».

Ce jour là, le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, avait prévu de se promener sur le marché de Clermont-L’Hérault avec des élus locaux. Avant cette visite, le maire de la commune a envoyé sa police municipale intimider Mariano pour qu’il retire les T-Shirts et les range dans son camion. Une atteinte scandaleuse et sans doute illégale à la liberté d’expression. Des clients ont pris la défense du maraîcher, les agents ont demandé le renfort de la gendarmerie… et les militaires ont contrôlé tout le monde, puis embarqué une personne qui n’avait pas ses papiers pour vérifier son identité au commissariat.

Cette affaire ubuesque aurait pu s’arrêter là, mais Mariano est désormais menacé d’être expulsé du marché par la mairie s’il ne retire pas les T-Shirts. Ce que le commerçant refuse. Sera-t-il privé de son stand pour avoir soutenu un peuple opprimé ? Un rassemblement de soutien aura lieu ce mercredi devant la mairie de Clermont-L’Hérault.

Cette lamentable affaire s’inscrit dans une vague générale de persécutions et de censure de toute parole en faveur de la Palestine. La basketteuse Émilie Gomis a été démise de ses fonctions aux Jeux Olympiques et convoquée par la police pour un post pro-palestinien sur les réseaux sociaux. La juriste franco-palestinienne Rima Hassan subit un harcèlement quotidien et a vu des partenariats et cérémonies annulées sous la pression de l’extrême droite sioniste. Des personnes qui ont repeint un escalier à Lyon aux couleurs de la Palestine ont été jetées en cellule et perquisitionnées. Des syndicalistes ont été arrêtés pour «apologie du terrorisme» après un tract sur Gaza. Des diffamations très violentes et systématiques sont lancées contre la France Insoumise ou le NPA et des menaces de dissolutions pleuvent sur les collectifs anticolonialistes.


Avec l’affaire de Clermont-l’Hérault, on peut dire que l’État tente de museler toute critique du génocide partout, des grandes métropoles jusqu’aux marchés des petits bourgs.


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