Le travail tue encore


Ce mardi 16 avril à Flers en Normandie, un homme de soixante ans est décédé à la suite d’un accident de travail, après avoir reçu une poutre métallique sur la tête. Il travaillait chez Forvia, équipementier automobile, anciennement Faurecia, société exemplaire du capitalisme.


L'entreprise Forvia, où le travail a encore tué ce mardi.

En 2023, l’entreprise a enregistré des résultats records avec plus de 27,9 milliards d’euros de chiffre d’affaire. «Forvia a progressé sur tous les indicateurs financiers en 2023», résume Olivier Durand,vice-président exécutif et directeur financier du groupe devant les analystes financiers.

Pour fêter ces bons résultats, Forvia n’a pas redistribué ses bénéfices aux employé-es. Non, elle a annoncé la suppression de 10.000 emplois en Europe dans les 5 prochaines années.

Comble du cynisme, la terrible firme BlackRock a annoncé le 12 avril avoir franchi le seuil de 5% au capital de Forvia. BlackRock est un énorme fond d’investissement américain, qui réalise des bénéfices records sur les retraites privatisées et qui rêve d’imposer la retraite par capitalisation en France. L’ex-directeur général de BlackRock France l’assume sans honte : «Les retraites, c’est un thème clé pour BlackRock». Il a été élevé au rang d’officier de la Légion d’Honneur par Emmanuel Macron.

Forvia est donc bien une entreprise exemplaire du capitalisme, qui détruit les corps et les esprits, et parfois tue. Une entreprise qui voit ses résultats augmenter quand la précarité explose, qui est financée par les sociétés capitalistes les plus prédatrices.

En 2024, En France, 7ème puissance économique mondiale, on meurt au travail et on n’atteint pas la retraite pour laquelle on cotise.

En France comme partout, le travail tue. Il tue même plus qu’ailleurs. Plusieurs centaines de vies sont ainsi volées par an.

À titre d’exemple, 733 personnes sont décédées au travail en 2019, sans compter les accidents de trajet entre le domicile et le lieu de travail (283 morts) et les maladies professionnelles (175 morts). Cela fait plus de 1000 décès liés au travail par an en France. Au moins 2 par jour. Et il ne s’agit que des chiffres de l’Assurance Maladie, probablement sous-évalués car ces données concernent uniquement les salariés du secteur privé. Les agriculteurs, les auto-entrepreneurs ou encore les fonctionnaires ne sont pas comptabilisés.

La France a enregistré au total près de 656.000 accidents du travail en 2019. Chaque année, plus de 30.000 personnes sont sérieusement blessées lors d’accidents du travail. Par ailleurs, une étude montre que le chômage cause la mort de 14.000 personnes par an en France. La privation d’emploi tue aussi.

Avec un ratio de 3,5 accidents mortels pour 100.000 salariés, notre pays est en tête du nombre de morts au travail, bien au-delà de la moyenne de l’Union Européenne qui s’élève à 1,7 pour 100.000.
Ces décès et accidents sont essentiellement concentrés parmi les métiers les plus pénibles : ouvriers du bâtiment ou de l’industrie, éboueurs, pêcheurs ou agriculteurs, loin devant la police par exemple.

L’homme décédé à Flers, comme beaucoup d’autres, vient confirmer cette triste statistique : parmi les 40% des hommes les plus modestes «il y a une chance sur dix de mourir avant la retraite» et une chance sur 5 d’avoir une retraite très courte. Cette tragédie comme beaucoup d’autres n’est pas un accident isolé ou une erreur humaine. Elle est organisée méthodiquement par la macronie pour la bourgeoisie vorace.

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