Depuis deux jours, la colère gronde en Indonésie. Dans cet immense archipel asiatique comptant plus de 270 millions d’habitant-es, le gouvernement a voulu imposer une réforme électorale qui met le feu aux poudres.
En Indonésie, le président centriste Joko Widodo est une sorte de Macron du Pacifique, qui gouverne avec la droite et fait des concessions à l’extrême droite depuis des années, en plus d’être un mégalomane qui construit une nouvelle capitale ex-nihilo sur l’île de Bornéo.
La nouvelle loi devait permettre au fils de du président de se présenter aux élections régionales et ainsi de créer les conditions d’une dynastie, tout en affaiblissant l’opposition. Le fils de l’actuel chef d’État avait d’ailleurs été nommé vice-président il y a quelques mois. C’est aux cris de «Jokowi [le surnom du président] détruit la démocratie» que des milliers de personnes ont défilé dans les grandes villes du pays jeudi 22 août, et en particulier à Jakarta, sa capitale actuelle.
Les manifestant-es ont tenté de prendre d’assaut le Parlement, et ont débordé les lignes de policiers. Les clôtures du bâtiment sont tombées. De sérieux affrontements ont eu lieu dans plusieurs localités et les manifestations se sont poursuivies et amplifiées ce vendredi 23 août.
«Les législateurs indonésiens annulent leur projet de ratification des révisions des lois électorales, a déclaré le vice-président du Parlement» ce jour. Une première victoire de la révolte.
Pour autant, l’actuel président cédera son poste en octobre prochain à son ministre de la Défense Prabowo Subianto, qui a été élu lors d’élections en février : un homme encore plus conservateur et autoritaire que son prédécesseur.
L’Indonésie est secouée par des vagues de révoltes régulières. Il y a un an, les ouvriers d’un vaste centre industriel d’extraction de nickel avaient incendié les machines pour protester contre leurs conditions de travail.
En septembre 2023 sur l’île de Rempang, la population s’était soulevée contre un projet «d’Éco-City» destiné au tourisme de luxe. En 2022, des affrontements avaient eu lieu devant le Parlement contre l’augmentation du coût de la vie et le président.
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Une réflexion au sujet de « Indonésie : révolte contre l’autoritarisme »
Les gouvernements Français et Indonésiens sont là pour la même raison : assèner le dernier coup de grâce à une démocratie en PLS. Face aux dangers auxquels nous sommes confrontés, nos deux
peuples doivent réagir avec la même intensité de révolte contre l’autoritarisme.