🇮🇩 Indonésie : des ouvriers en grève incendient leur usine


L’extraction du nickel, un dĂ©sastre social et environnemental


Le capitalisme Ă©puise la terre et les hommes. Encore un exemple en IndonĂ©sie, avec une rĂ©volte ouvrière au sein d’une usine de raffinage de nickel.

Le nickel est utilisĂ© notamment pour les batteries de voitures Ă©lectriques, et la demande explose pour faire rouler les Tesla d’Elon Musk comme les vĂ©hicules de masse fabriquĂ©s par la Chine ou l’Occident. Il est prĂ©sent dans le sol de plusieurs archipels d’IndonĂ©sie. Depuis 15 ans, c’est la ruĂ©e vers ces gisements rares et de nombreuses mines et usines poussent dans ce pays asiatique. L’extraction du nickel ravage des Ă©cosystèmes entiers.

L’IndonĂ©sie, pays de 275 millions d’habitants, possède les plus grosses rĂ©serves de nickel au monde : près du quart, 21 millions de tonnes. Et la Chine, grande productrice de vĂ©hicules Ă©lectriques, exploite d’immenses usines dans le pays. Dans les Ă®les Obi par exemple, aux eaux turquoises, les pĂŞcheurs ont vu les poissons disparaĂ®tre de la mer. La pollution a transformĂ© les eaux cĂ´tières en «flaque de boue» en raison des niveaux Ă©levĂ©s de contamination par les mĂ©taux lourds. Des millions de tonnes de produits chimiques issus de l’activitĂ© minière se dĂ©versent dans les sols et dans l’ocĂ©an. Ă€ la saison des pluies, la mer devient rouge.
Dans l’Ă®le des CĂ©lèbes, 18 entreprises sont implantĂ©es dans un gigantesque parc industriel financĂ© par la Chine, gĂ©nĂ©rant des milliards de dollars de chiffre d’affaire. C’est sur cette Ă®le qu’une grève contre les mauvaises conditions de travail dans une fonderie de nickel a virĂ© Ă  l’Ă©meute.

Les ouvriers ont incendiĂ© des machines et des engins de chantier de l’usine, le 14 janvier 2023. Les grĂ©vistes rĂ©clamaient des augmentations de salaires et des garanties sur la sĂ©curitĂ© des travailleurs. Ils n’ont pas Ă©tĂ© entendus, et la direction a utilisĂ© des briseurs de grève. La colère a embrasĂ© le site : un dortoir, des camions, des Ă©quipements lourds et des bâtiments auraient Ă©tĂ© brĂ»lĂ©s. Deux personnes sont dĂ©cĂ©dĂ©es, notamment un ressortissant chinois. La police a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e en masse sur le site et près de 70 grĂ©vistes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s.

Les syndicalistes indonĂ©siens dĂ©noncent l’importation de travailleurs chinois pour servir de main d’œuvre subalterne, privant les locaux d’emploi. Pour les habitants sur place, l’environnement est dĂ©vastĂ©, et la plupart ne profitent mĂŞme pas des fruits de l’exploitation de leur terre.

Des affrontements sporadiques éclatent dans les usines de nickel ces dernières années. Le gouvernement indonésien a annoncé une meilleure réglementation concernant les accidents du travail.

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