AmeriKKKa : des nouvelles du trumpisme


Notre période est décidément hantée par des ombres mortifères, et nous assistons en direct à la fascisation accélérée de la première puissance mondiale depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Trois nouveaux épisodes alarmants ces derniers jours.


En haut : Trump signe un décret pour supprimer le ministère de l'éducation fédéral devant des élèves en uniforme.
Au centre : Image de policiers armés dans un aéroport.
En bas : L'image de Donald Trump, "Défenseur des libertés", apparaît dans le ciel de Floride.

Destruction du Ministère de l’Éducation des USA

Nouvelle mise en scène inquiétante le 20 mars à la Maison Blanche. Donald Trump prend la pose entouré d’écoliers en uniforme, assis à leurs bureaux. Sur sa table, il signe un décret visant à fermer le Département de l’Éducation des USA, l’un des ministères les plus importants du pays. Dans un discours, le président qualifie ce service public de «gaspillage» qui diffuse une «idéologie libérale corrompue», et qui «ne nous sert à rien. Nous allons le fermer, le fermer aussi vite que possible et une fois pour toutes».

La secrétaire à l’Éducation, Linda McMahon, qui a fait fortune en dirigeant une entreprise de spectacle de catch et qui n’a aucune expérience éducative, prendra, «dans la mesure maximale appropriée et permise par la loi, toutes les mesures nécessaires pour faciliter la fermeture du ministère de l’Éducation et restituer l’autorité sur l’éducation aux États et aux communautés locales».

Ainsi, il n’y aura plus de système d’enseignement public et national, l’Éducation sera confiée soit aux entreprises privées, soit aux États qui auront «le pouvoir de décider de ce qui convient le mieux pour leurs écoles». Certains États sont dirigés par des évangélistes et des créationnistes qui vont formater les programmes en fonction de leurs idées d’extrême droite. Les défenseurs des écoles publiques ont déclaré que la suppression du département «laisserait les enfants dans un système éducatif fondamentalement inégal».

Après la signature de ce décret, Elon Musk a publié un mème sur son réseau social, montrant Donald Trump souriant et faisant un V de la victoire devant une tombe mentionnant «Department of Education». Celui-ci a recueilli des milliers de likes, acclamant ainsi le triomphe de la bêtise. Idiocraty, mais dans la réalité.

Expulsion d’un chercheur français pour avoir critiqué Trump

Les faits ont eu lieu le 9 mars mais viennent d’être rendus publics. Un chercheur du CNRS, l’institut scientifique français, qui exerce dans le domaine spatial, s’est rendu à Houston au Texas. Il a été contrôlé par la police à son arrivée à l’aéroport. Son ordinateur professionnel et son téléphone personnel ont été fouillés par des agents, qui ont découvert qu’ils contenaient «des échanges avec des collègues et des relations amicales dans lesquels il exprimait une opinion personnelle sur la politique menée par l’administration Trump en matière de recherche», explique le Ministère français de l’Enseignement supérieur.

Un délit d’opinion suffisant pour que le chercheur, pourtant en règle, soit interdit d’entrer sur le territoire des USA et expulsé illico. Son matériel professionnel et personnel lui ont été confisqués. Les autorités des USA assument, et parlent de messages «qui traduisent une haine envers Trump et peuvent être qualifiés de terrorisme». Ou encore de «messages haineux et de conspiration». Une enquête du FBI a même été ouverte, pour laquelle «les charges ont été abandonnées».

Dans ce monde orwellien, avoir une opinion sur un dirigeant d’extrême droite qui a licencié des milliers de scientifiques, notamment dans le domaine du climat et de l’espace, est considéré comme du terrorisme. Le message adressé aux visiteurs étrangers, même occidentaux et ayant un statut professionnel privilégié, est d’une clarté limpide : tout le monde est suspect.

Un show totalitaire dans le ciel de Floride

Des milliers de drones lumineux qui volent au dessus de la ville de Miami. Leurs lumières colorées permettent de dessiner des formes animées gigantesques dans le ciel : on y voit une représentation de Trump effectuer une danse, avec des messages comme «Président historique», «Meilleur négociateur du monde» ou encore «Libérateur des otages» dans la nuit. Les drones ont aussi dessiné la carte des USA et d’Israël – où la Palestine a disparu sous le drapeau colonial – avec les mots «Defenders of freedom».

C’est un show totalitaire d’un nouveau genre. Le Maire de la ville, Francis Suarez, s’est félicité sur le réseau d’Elon Musk en publiant un clip vidéo de ce spectacle effrayant en commentant fièrement : «SEULEMENT À MIAMI». Selon la presse locale, l’initiative pourrait venir de lobby d’extrême droite pro-israéliens.

Il n’y avait pas assez de statues, de propagande dans la presse, à la télévision ou sur les écrans de publicités : les autocrates du monde peuvent coloniser le ciel pour imposer leur images et leurs messages.

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