Le 9 décembre, dans toute la France, la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale manifestaient ensemble : une union rare entre ces deux syndicats agricoles, l’un marqué à gauche, l’autre très à droite.
Ils réclamaient l’arrêt des abattages massifs de bovins. Alors que des cas de dermatose nodulaire contagieuse, une maladie touchant les vaches, sont signalés dans certaines fermes, les autorités décrètent que pour un seul animal malade, il fallait abattre tout un cheptel. Ce qui peut détruire une exploitation.
Les éleveurs appellent à un changement des règles, pour épargner un troupeau vacciné si un seul animal est malade. «Ce qu’on souhaite, c’est que les éleveurs retrouvent un peu de sérénité et n’aient pas sans arrêt cette épée de Damoclès au-dessus de la tête» expliquait par exemple le président de la Confédération Paysanne de Loire-Atlantique.
Ces manifestations ont été déclenchées après la décision de tuer 208 vaches dans une ferme située en Ariège, à Bordes-sur-Arize. Le 11 décembre, pour défendre cette exploitation, des agriculteurs venus des communes voisines ont convergé, et des barricades mises sur les routes pour empêcher l’intervention des vétérinaires escortés par les gendarmes, venus saisir le bétail.
Contrairement aux mobilisations agricoles précédentes, la répression a été féroce. L’État a déployé un gros dispositif de gendarmes, des hélicoptères, des canons à eau et des blindés. Une pluie de grenades a été envoyée pendant des heures autour de la ferme. Les images montrent des munitions explosives tirées à l’aveugle, de nuit, au milieu des paysans, et le vrombissement d’un hélicoptère à basse altitude. Le traitement ultra-violent réservé aux «écoterroristes» et aux quartiers s’applique maintenant aux agriculteurs. Les gendarmes ont finalement atteint la ferme au milieu de la nuit, après avoir gazé les animaux.
En 2024, une explosion de colère agricole avait déjà eu lieu, avec des actions paysannes spontanées : blocages, attaques de préfectures, occupation de grandes surfaces… Aujourd’hui, le désespoir du monde paysan reste immense, et la colère intacte.
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