À rebours des promesses des quinquennats de Macron, le taux de chômage a dépassé la barre des 8%

C’était l’une des promesses phare du macronisme, à grands coups de poncifs rabâchés de plateau télé en plateau télé. Depuis 9 ans, les ministres se succèdent pour vanter les mérites de la «Start-Up Nation» qui devait permettre d’atteindre le «plein-emploi» à grands coups de réformes néolibérales. Sur cette période, nous avons subi deux réformes des retraites, quatre réformes du chômage, trois du code du travail… Autant de saignées sociales qui devaient «aider les patrons à recruter» et «faciliter le retour à l’emploi». En gros, le deal macroniste c’était de faire souffrir les pauvres et d’être très gentil avec les riches, ce qui provoquerait magiquement la fin du chômage. Pour quoi au final ?
Les chiffres sur le chômage du deuxième trimestre 2026, publiés par l’INSEE, n’ont jamais été aussi hauts depuis 2021. Le taux de chômage a dépassé le cap symbolique des 8,1%, en augmentation de 0,7 point sur un an. C’est la cinquième hausse consécutive. Macron avait pourtant fixé comme objectif de ramener le chômage sous la barre des 5%, c’était même l’une de ses annonces de campagne pour sa réélection en 2022. À l’approche des présidentielles, on est décidément bien loin du compte. L’institut statistique lui-même prévient que la barre des 5% est désormais inaccessible pour 2027.
Mais ce pourcentage est l’arbre qui cache la forêt. D’abord, les chiffres du chômage sont largement trafiqués pour invisibiliser les radiations, avec le durcissement des règles de Pôle Emploi qui avait permis de faire baisser artificiellement le nombre officiel de chômeurs. Ensuite, le nombre d’emplois est une chose, la qualité des emplois en est une autre. Et sous Macron, les boulots précaires, les temps partiels imposés, les contrats courts et «l’auto-entrepreneuriat», qui est une forme d’auto-exploitation, ont explosé. Autrement dit, le président promettait de mettre tout le monde au travail si on acceptait la précarité. Nous avons la précarité généralisée ET le chômage.
Emmanuel Macron, ancien banquier, a construit sa carrière politique en multipliant les promesses – non tenues – sur le développement économique. Ses mandats ont conjugué le pire du néolibéralisme : cadeaux aux patrons, dérégulation effrénée, réduction à peau de chagrin des acquis sociaux, tout ça pour n’atteindre in fine aucun des objectifs fixés par les bureaucrates. Autre exemple, la dette a également explosé, malgré des coupes massives dans les services publics : l’argent «économisé» a tout simplement été redistribué aux chefs d’entreprises, à l’armée et à la police.
Sur France Info, le ministre du travail Jean-Pierre Farandou minimise et évoque «un petit dérapage sur le taux de chômage». Alors qu’il pourrait tirer les conclusions qui s’imposent, le Ministre se justifie en citant «l’environnement économique» et la situation internationale. «Plus cette crise géopolitique durera, plus la tension sur l’économie française pèsera» ajoute-t-il.
C’est l’épilogue d’une décennie de Macron au pouvoir, d’un travail de sape méthodique des acquis sociaux, de multiples formules méprisantes pour celles et ceux victimes des injustices du travail. Dès 2016, alors candidat, Macron déclarait que «la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler». Après son élection, il répondait à un jeune cherchant désespérément du travail : «Je traverse la rue, je vous trouve du travail» et évoquait «les gens qui ne sont rien».
Une équipe de chercheurs a évalué le lien entre chômage et risques cardiovasculaires en France. Les résultats sont clairs : la condition sociale induite par le chômage accroît d’environ 30% la mortalité prématurée. Une autre étude estimait il y a déjà plusieurs années que 14.000 décès par an, en France, sont liés au chômage. Ces politiques tuent.
Nos dirigeants ont menti sur les comptes publics, tout pillé, tout dévasté, et en plus ils créent du chômage et du malheur. Cette grande escroquerie permettra-t-elle de poser les vraies questions : à quand l’abolition du salariat et l’attribution de moyens d’existence dignes pour tout le monde, sans aliénation ?
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