Le désastre s’est approfondi à travers le monde l’année passée, le pouvoir politique et médiatique en plein déni

Malgré les promesses vides de nos gouvernants, des institutions et des grandes firmes, le bilan de l’année 2025 est effrayant. Entre épisodes climatiques extrêmes et déni médiatique et politique, 2025 a crevé le plafond de la quantité de ressources qu’une Terre habitable nous autorise à prélever. La faute à une fuite en avant dans la course aux data centers, à l’extractivisme fossile, et enfin à l’immobilité politique des États.
Record d’émissions de gaz à effet de serre
Comme depuis 200 ans, les émissions de gaz à effet de serre ont continué d’augmenter en 2025. Derrière un greenwashing hypocrite et une COP29 au Brésil qui a été désastreuse, les scientifiques estiment à 38,1 milliards de tonnes d’équivalent CO2 les émissions pour 2025, soit une hausse de 1,1% par rapport à 2024. Par delà ces chiffres abstraits, les industries fossiles sont donc concrètement responsables de la mort de millions de personnes, tuées par la pollution atmosphérique ou la montée des eaux, particulièrement dans l’hémisphère Sud.
En 2015, les objectifs des accords de Paris prévoyaient de limiter la hausse globale des températures à 1,5 degré, un niveau déjà dépassé. Une partie des gouvernants du monde, à l’image de Trump, sont des climato-négationnistes, qui refusent l’évidence scientifiques sur le rôle de l’industrie dans le dérèglement climatique et veulent accélérer l’extraction du pétrole. Les autres, comme Macron, sont des hypocrites qui font mine de se préoccuper du problème mais appliquent les mêmes politiques.
Des Data centers écocidaires
Tandis que les techno-fascistes de la Silicon Valley, rassemblés autour de la figure messianique de Musk, vantent sans relâche les bienfaits d’un futur dystopique où humain et machine ne feraient qu’un, l’industrie de l’Intelligence Artificielle a déjà des impacts concrets et immédiats sur l’environnement.
En 2023, la consommation liée au refroidissement des centres de données dépassait ainsi les 5.000 milliards de litres d’eau selon les calculs de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Soit l’équivalent de l’ensemble de l’eau potable puisée en France chaque année. La même agence prévoit même le doublement de la consommation d’eau associée à ces centres d’ici à 2030. Pour donner une image, un seul data center peut consommer jusqu’à 5 millions de litres d’eau par jour, soit l’équivalent des besoins quotidiens d’une ville de 30.000 habitants.
L’électricité nécessaire à ces centres s’est élevée à 415 térawattheures au niveau mondial en 2024, et provient pour plus de la moitié d’une production fossile. Ils émettent déjà plus de gaz à effet de serre qu’un pays comme la France : 369 millions de tonnes en équivalent CO₂, et la consommation sera exponentielle dans les années à venir. En somme, l’industrie de l’IA, non contente de porter un projet politique d’extrême droite et d’organiser la destruction de la réalité elle-même, puise abondamment dans nos ressources hydriques et énergétiques.
Limites planétaires
À l’échelle de la planète, c’est la 6ème des 9 limites planétaires – le juste écoulement du cycle de l’eau douce – qui a été considérée comme franchie en 2023, puis la 7ème limite – l’acidification des océans – a été franchie en 2025. Voici les énièmes symptômes de l’aggravation de la stabilité des écosystèmes. Plus proche de nous, dans le Tarn, la décision par la cour administrative d’appel d’autoriser la poursuite des travaux de l’A69 fait figure d’absurdité politique, en tant que décision judiciaire à rebours de l’ensemble des études alertant sur la destruction d’espaces protégés.
En Charente-Maritime, ce sont les services du département qui annonçaient mi-novembre la construction de six nouvelles mégabassines pour une capacité de 2 millions de mètres cube d’eau, le tout dans un territoire déjà frappé par de graves stress hydriques en période estivale.
Cerise sur le gâteau, tandis que les impérialismes fossiles, main dans la main avec les États, zombifient nos sols, nos forêts et nos océans, Trump a démontré la semaine passée qu’il était désormais possible de kidnapper un chef d’État dans l’objectif de s’accaparer les ressources pétrolières de tout un pays. Le tout dans une indifférence quasi-totale.
Mais le plus effrayant dans tout ça reste le silence assourdissant des sphères médiatiques. Le temps consacré à l’écologie sur les antennes s’élève à 3,7% seulement en France, alors même que les reportages anxiogènes sur «l’insécurité» colonisent tout le débat public et que les néologismes fumeux se multiplient pour diaboliser les personnes qui se mobilisent concrètement. Par exemple «l’écoterrorisme», qui donne des sueurs froides à Darmanin.
Face au néolibéralisme qui cherche à nous imposer un discours cynique ramenant l’écologie à une simple affaire de consommation individuelle «sobre», il est plus que jamais temps d’organiser une vaste et joyeuse contre-attaque du vivant, pour le vivant.
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