Premier féminicide de l’année à Brest : l’homme était connu de la police pour des violences conjugales


L’État et la police sont complices : une victime de féminicide sur trois avait signalé des violences


Collage dénonçant les féminicides : "Le patriarcat tue".

Avec la nouvelle année démarre le triste décompte que réalisent les associations féministes tous les ans : celui des femmes assassinées par des hommes en raison de leur genre. Pour rappel, un féminicide est défini comme «le meurtre d’une femme en raison de son genre» et s’inscrit dans «le rôle du patriarcat comme système de pouvoir et de domination dans la perpétuation et la banalisation de ce meurtre et des violences sexistes et sexuelles en général» selon l’Inter Orga Féminicides (IOF).

Cette année, c’est à Brest qu’une première femme a perdu la vie sous les coups de son mari. Elle avait 63 ans. Son époux était connu des services de police pour violences conjugales. Il a appelé la police dans la matinée de dimanche, annonçant avoir « trouvé » sa femme morte et n’avoir aucun souvenir. À son arrivée, la police a constaté qu’il était alcoolisé et qu’il y avait des traces de violence dans l’appartement. Il a été placé en garde à vue. D’après un voisin, « il hurlait sur elle toutes les nuits, parfois jusqu’à 6h du matin ». L’homme était d’ailleurs banni du bar proche de chez eux. Comme une victime sur trois, la police était au courant, mais n’a rien fait pour protéger la femme assassinée. Elle n’aurait jamais dû mourir. C’est encore une fois la défaillance flagrante et le désintérêt total de l’État et de la police – qui, rappelons-le, compte de nombreux auteurs de féminicides dans ses rangs – qui l’ont tuée.

Les médias, comme d’habitude, temporisent et utilisent des euphémismes. « Soupçonné de féminicide, le Brestois n’a aucun souvenir permettant d’expliquer la mort de sa compagne » titre Ouest-France. Rose Lamy dans l’excellent «Défaire le discours sexiste dans les médias» explique : «Quand il est impossible de nier ou de dissimuler les violences sexistes et sexuelles dans le secret de la vie privée alors les médias en parlent, mais bien souvent ils en relativisent la gravité. Dans un État de droit pour maintenir un système qui domine et violente plus de la moitié de sa population, il faut des techniques efficaces et discrètes, qui endorment tout risque d’indignation ou de révolte». Pourtant, même s’il ne se « souvient de rien », il avait été condamné 3 fois pour violences conjugales. Mais ça, Ouest France ne l’écrit pas dans son titre.

La prédécesseure de la victime de Brest sur ce triste tableau était Isabelle, 44 ans. Elle était portée disparue depuis le mois de septembre, et a été retrouvée enterrée dans le jardin de son ex conjoint. Elle laisse un orphelin. Les enfants subissent cet abandon de l’État de plein fouet : 79 sont devenus orphelins à la suite d’un féminicide en 2025. Des vies d’enfants brisées par un État criminel.

Chaque jour en France, trois femmes sont victimes de féminicides ou tentatives de féminicide. En 2025, 164 en sont mortes. Il s’agit du record depuis que les associations féministes organisent le décompte, tirant la sonnette d’alarme depuis des années.

La « grande cause » du quinquennat Macron n’est qu’un mot creux. En même temps, Macron défend les violeurs comme Darmanin ou Depardieu, et sa femme qualifie de « sales connes » les féministes qui ont le courage de s’attaquer aux agresseurs.


Les femmes continuent de mourir sous les coups de leur conjoint. Et tout le monde s’en fout.


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